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Le 20 août et les sentiers battus

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Culture. Hier c'était le double anniversaire du 20 août. Celui de 1955 et celui de 1956. Il en est ainsi chaque année. Tout comme les autres dates marquantes de notre histoire. Comme le 1er Novembre, le 19 mars, le 5 juillet, le 17 octobre, le 8 mai, etc. Des événements précis marquent ces dates. Les rappeler à l'identique chaque année à la même date n'est pas la meilleure méthode pour une transmission générationnelle de l'histoire de l'Algérie et des Algériens. Alors comment procéder si d'un côté il y a ces événements figés dans le temps et de l'autre la nécessité existentielle pour les Algériens de connaître leur passé pour mieux tracer leur avenir? Ces dates sont autant de haltes qui elles-mêmes ont besoin de l'histoire. Prenons l'exemple très simple d'un recueillement sur la tombe des parents. C'est un moment de souvenirs de toute une vie passée ensemble. La date de leurs décès n'est qu'un repère contre l'oubli. Il en de même avec la mère patrie. Pour se recueillir, il faut avoir à l'esprit l'histoire du pays et de sa population. Lorsqu'il s'agit des enfants cette relation va de soi. Mais lorsqu'il s'agit des petits-enfants et des arrière-petits-enfants, comme c'est le cas aujourd'hui pour l'histoire de notre guerre de libération nationale, la date de commémoration ne suffit pas sans son contenu culturel. Un autre exemple: pour commémorer le 1er novembre, il faut que la deuxième et troisième génération comprenne pourquoi ce jour-là est à bénir éternellement. Pour ce faire, il faut que la culture se saisisse du sujet pour répandre de manière ininterrompue la condition de vie des Algériens de 1830 à 1954. Par tous les moyens culturels. Cinéma, théâtre, télévision, littérature, musique, poésie, etc. L'enseignement de l'histoire à l'école va de soi. Et lorsque tous ces moyens ont été mis en branle, des concours et des jeux doivent être organisés pour toucher le maximum d'Algériens. Ces concours et jeux servent à mesurer la performance du contenu culturel transmis aux générations. Ce contenu doit échapper aux sentiers battus. Les films de guerre qui, de bout en bout, retracent des combats finissent par lasser, le jeune Algérien qui n'a pas vécu la période coloniale. Il manque dans sa «construction» culturelle le pourquoi de ces combats. Des films comme «Dar S'Bitar» tiré du roman de Mohamed Dib sont d'une valeur inestimable pour cette transmission. Malheureusement, il en faudrait plus. D'ailleurs, on se demande pourquoi l'adaptation des oeuvres de Mouloud Feraoun comme son livre «Le fils du pauvre» n'a pas eu lieu. C'est de cette manière que le petit enfant comprendra le sacrifice des chouhada et des moudjahidine. Or, force est de constater que la nature a horreur du vide. Notre passé de colonisés, de domination, de souffrances, de misère, durant plus d'un siècle est devenu, au fil du temps, un passé honteux. Beaucoup de parents racontent à leurs enfants que leurs grands-parents étaient riches et même plus riches que les autres. Pour, croient-ils, leur éviter des complexes. Alors que ces mensonges occasionnent des dégâts incalculables. C'est là tout le drame que nous vivons. Il est urgent de se pencher sur les blocages qui empêchent de transmettre aux jeunes générations le véritable message historique. Sans quoi, les dates que nous commémorons seront, pour eux, sans intérêt!

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