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Demain, le monde du travail

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Robotisation. L'Organisation internationale du travail (OIT) se prépare au changement. Elle vient d'installer, à Genève, une commission mondiale de haut niveau sur l'avenir du travail. La commission devra remettre son rapport à la conférence du centenaire de l'OIT en 2019. Deux années de travail. C'est dire que le sujet est non seulement sérieux, mais également très complexe. On ne travaille plus aujourd'hui comme au XXe siècle. L'agriculture a de moins en moins besoin de main-d'oeuvre. Sa mécanisation couvre sans cesse ses différentes activités et repousse le recours à la ressource humaine. Dans l'industrie, le constat est le même, la robotisation a pratiquement éliminé l'homme du travail à la chaîne. Le développement de l'intelligence artificielle dans tous les segments de l'économie change complètement la perception même que l'on se faisait du travail. Au point où des hommes politiques s'inquiètent à travers le monde et tentent des propositions avant-gardistes que le monde ne saisit pas encore tout à fait. Chacun a entendu parler de la formule du «revenu universel» qui consiste à allouer un salaire à tous les citoyens travailleurs ou pas. Pour le financement d'une telle opération, l'idée de taxer les robots est souvent avancée. Pour bien comprendre l'ampleur du changement en cours, on peut prendre l'exemple des dockers qui ont disparu des ports pour avoir été remplacés par des moyens de levage mécaniques divers et variés. On peut également rappeler les fermetures de sites de production en Occident suivies de licenciements massifs. Le tout a créé un chômage difficile à résorber vu que les postes supprimés n'ont plus d'équivalents et que la réorientation de la main-d'oeuvre en misant sur la formation ne peut s'étendre à toutes les catégories d'âge. C'est le drame que vivent les pays industrialisés. Pour les pays en voie de développement comme l'Algérie, le problème se pose différemment. Le déficit structurel dans les gros secteurs économiques tels que l'industrie et l'agriculture, nous laisse un répit avant de connaître la profonde mutation du travail qui a cours dans les pays avancés. Notre économie a encore besoin de «bras» et pour un temps assez long. En parallèle, cependant, les nouvelles technologies et le numérique s'installent dans notre économie à un rythme soutenu. Il est clair que la culture intensive dans l'agriculture ainsi que les nouveaux projets industriels intègrent la mécanisation et la robotique. Ce qui veut dire que nous n'avons pas un siècle pour réfléchir comme les experts de l'OIT, mais quelques petites années tout au plus. D'ici là c'est tout notre système d'éducation et de formation qu'il va falloir adapter à la situation planétaire. Autant commencer dès à présent à réfléchir sérieusement sur le nouveau monde du travail qui attend les prochaines générations. A recenser les nouveaux emplois attendus. Et surtout les emplois qui passeront de l'homme à la machine!

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