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Un Docteur Folamour à la Maison-Blanche?

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Le milliardaire-président états-unien, Donald Trump, se place chaque jour un peu plus hors des normes diplomatiques et politiques admises. En sept mois de présidence, le résident de la Maison-Blanche a ainsi ouvert des «fronts» tous azimuts s'en prenant à tout ce qui bouge. Au plan interne - après avoir subi plusieurs échecs, notamment sur l'abrogation de l'Obamacare- il joue la confrontation avec ses alliés républicains, alors qu'à l'international, ses prises de position, ses décisions ou menaces induisent un malaise grandissant parmi ses pairs occidentaux. Menaçant et sanctionnant le Venezuela et l'Iran, polémiquant avec le président nord-coréen, bombardant l'Afghanistan et la Syrie, le président des Etats-Unis laisse perplexe. Une agressivité sans raison, si ce n'est la jouissance de la puissance destructive, mise à sa disposition par les Etats-Unis. Voici donc un président anticonformiste et décomplexé, sûr de lui, dominateur, prêt à défier ses détracteurs ou à soumettre le monde à ses oukases. Or, ce président «haut en couleur» dit-on, est incapable de maintenir l'ordre dans sa propre chapelle. En sept mois à la Maison-Blanche, il y eut un chamboulement inédit, sans précédent aux Etats-Unis, qui voit décimé le staff initial qui accompagna Donald Trump dans sa conquête du pouvoir. Soit tombés en disgrâce, soit forcés à quitter le navire Trump [Michael Flynn, conseiller à la Sécurité nationale, le sulfureux Steve Bannon, conseiller en stratégie, le secrétaire général de la Maison-Blanche, Reince Priebus, le directeur de la communication, Anthony Scaramucci et le porte-parole de la Présidence, Sean Spicer, limogés ou démissionnant], c'est l'équipe présidentielle de l'investiture qui n'est plus là. Ainsi, au bout de quelques mois, Trump a perdu la colonne vertébrale de son administration. Inconcevable. Cela, outre les démêlés avec la justice - l'affaire dite «russe» - de son fils Donald Jr et de son gendre, Jared Kushner. Toutefois, cela ne semble pas ébranler outre mesure la confiance de l'hôte de la Maison-Blanche, aussi folklorique et le verbe arrogant, regardant de haut le monde. Atypique, sans état d'âme, Donald Trump, dont les tweets fusent au rythme d'une mitrailleuse, dirige son pays et [veut diriger] le monde comme une entreprise auxquels il applique les méthodes éculées de la carotte et de la trique. Non content de s'être mis à dos une majorité de la population états-unienne - y compris son camp républicain - le président Trump a ouvert coup sur coup plusieurs fronts à l'étranger, agressant verbalement ou militairement la Corée du Nord [engageant une polémique de caniveau avec son homologue nord-coréen, Kim Jung-Un], menaçant d'intervention militaire le Venezuela, sanctionnant l'Iran, menaçant de «déchirer» l'accord sur le nucléaire [conclu entre Téhéran et six puissances, dont les Etats-Unis, sous Barack Obama], bombardant la base syrienne d'Al-Chaayrat, et surtout, lançant sur l'Afghanistan la «mère de toutes les bombes». La plus puissante bombe non-nucléaire, jamais créée par l'homme, la bombe GBU43/B. Cette bombe de 9 tonnes (effrayante disent les experts), quoique existante depuis 2003, n'a jamais été utilisée par les Etats-Unis. Donald Trump, a franchi le Rubicon, usant de ce joujou dangereux. Aussi, fort de l'énorme puissance des Etats-Unis, Donald Trump frappe tous azimuts, croyant que cela suffirait à mettre le monde à genoux. Trump qui a mal compris la nature humaine, a encore à apprendre de la force de résistance des peuples. Il est facile de clouer au pilori un Bachar al-Assad - dont le pays a été détruit avec, notamment l'aide [logistique et matérielle] que les Etats-Unis ont apportée aux rebelles et aux terroristes qui ont investi la Syrie - ou de supputer qu'il soit «(...) pire qu'Hitler, car Hitler n'a pas utilisé d'arme chimique», dixit l'ex-porte-parole de la Maison-Blanche, Sean Spicer. Ce qui reste à établir! Même les amis atlantiques des Etats-Unis, n'ont pas trouvé grâce aux yeux du 45e président états-unien, qui s'est trouvé isolé à Hambourg lors du G20 en juillet dernier. Certes, il gesticulait et en faisait tant, que son retrait de l'accord de Paris sur le climat, apparaît comme une broutille aux côtés des méfaits qu'il commit en sept mois de pouvoir à la tête de la première puissance mondiale. En fait les surenchères militaires du président Trump, commencent à inquiéter sérieusement, y compris ses amis, qui ne comprennent pas où veut en venir un homme sorti du néant pour se retrouver, par un improbable hasard, aux rênes de la première puissance militaire mondiale. Les «Américains» ont-ils envoyé un «Dr Folamour» à la Maison-Blanche? Il n'y a pas loin de le penser.

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