Accueil |L'Editorial |

Le yo-yo des devises à l'import

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font

Chiffres muets. Le Cnis (Centre national de l'information et des statistiques des douanes) vient de nous apprendre que notre facture d'importation des produits alimentaires pour les sept premiers mois de cette année a été de 5,17 milliards de dollars. A la même période, l'an passé, cette facture était de 4,69 milliards de dollars. Donc, cette année nous avons dépensé plus pour nos produits alimentaires. Est-ce parce que nous avons importé plus de produits alimentaires cette année? Le Cnis ne précise pas les quantités. Il se contente de communiquer ses statistiques comme du pain sec. Difficiles à avaler. C'est pourtant important de connaître l'évolution des quantités que nous importons. Si cette hausse en dollars s'explique par des quantités supplémentaires, il faudra travailler sur la démographie. Si au contraire cette hausse de la valeur n'a aucune relation avec les quantités, alors seules deux explications sont possibles. Ou bien les prix de ces produits ont connu des hausses sur le marché international, sinon il s'agit de surfacturations. D'ailleurs, on ne comprend pas cette façon de communiquer du Cnis. Pourquoi donne-t-il les statistiques en valeurs et pas en quantités? Pourtant, il dispose de ces deux types d'informations dans ses computeurs. Bizarrement aussi, aucun organisme en lien avec l'économie en général comme l'Abef, ni aucune institution comme le ministère du Commerce ne se donne la peine de commenter les chiffres du Cnis pour éclairer la lanterne des citoyens. Ce qui nous autorise à poser la question de savoir à quoi joue le Cnis? Dans son dernier communiqué, le premier chapitre des produits alimentaires qui a explosé de 55,33% concerne les laits et les produits laitiers. En 2016 et toujours selon le Cnis, ce même chapitre laitier avait connu une baisse de 25,45% (en valeur) sur les dix premiers mois de l'année. A quoi rime ce yo-yo? Et lorsque le Cnis nous apprend que la facture des médicaments importés a baissé de 6,38% sur les sept premiers mois de cette année, on ne comprend plus pourquoi dans son communiqué du mois d'août 2016, ce même Cnis parle d'une hausse de 34% de cette facture au cours du premier semestre de cette année-là. Toujours en valeurs. On passe sur les autres produits alimentaires importés puisque tous sont marqués par des valeurs en dents de scie que personne ne peut expliquer ni commenter, faute de données quantitatives. Ce type de communication participe à semer la confusion dont notre économie, en ces temps de crise, gagnerait à en être épargnée. Ce type de communication ne sert aucune planification. Ce type de communication ne sert pas non plus, la lutte contre les délits économiques. Ce type de communication des données partielles ouvre la voie aux rumeurs. Pas à informer le grand public!

Suivez ces commentaire via le flux RSS Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha