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L'habitat, avant, pendant et après

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Le temps presse. «Il faut penser à gérer l'habitat après l'avoir produit.» Cette phrase pleine de bon sens et de responsabilité a été prononcée par le nouveau ministre de l'Habitat, de l'Urbanisme et de la Ville, Abdelwahid Temmar, lundi dernier, lors de l'ouverture de huit ateliers de réflexion en vue de préparer une feuille de route ou si vous voulez, les objectifs que le ministère devra poursuivre. Dans ces ateliers composés d'architectes, d'ingénieurs et de géomètres, divers sujets liés à l'habitat seront débattus. La révision de la loi sur l'urbanisme, les différentes sources de financement du logement, la réhabilitation des villes et des quartiers, le permis de construire électronique, le contrôle, la formation, le marché de la location, etc. Ce ne sont pas des ateliers qui dureront jusqu'à la retraite des participants. Le temps presse. Le ministre a fixé le délai de dix jours pour recevoir de ces ateliers leurs propositions. Il a même été question de «classement des priorités». Justement, s'il y a bien une priorité des priorités, c'est celle de la gestion des millions de logements distribués et des centaines de milliers d'autres qui vont l'être à leur tour et qui tous font partie du programme du président Bouteflika. Jusque-là, les cérémonies de remises de clés se suivent à un rythme soutenu à travers l'ensemble du territoire national. De nouveaux espaces de vie sont ainsi formés. Avec tous les équipements nécessaires. Ecoles, polycliniques, commissariat, Protection civile, etc. Aucun pays au monde n'a réalisé autant de logements au profit de ses citoyens en si peu de temps et pour toutes les bourses. Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a pris l'engagement herculéen d'effacer à jamais la précarité dans laquelle les Algériens ont vécu durant un siècle et demi qu'aura duré la colonisation. A quelques centaines de logements près, on peut affirmer qu'il a réussi cet exploit, unique au monde. Les bidonvilles autour des villes c'est fini. Les villages détruits au napalm par l'armée coloniale ont été remplacés par des habitations neuves aidées par l'Etat (habitat rural aidé). Les familles entassées à plusieurs dans une seule pièce ou deux, c'est fini. Il est interdit de construire des F1 et F2 en Algérie. Les cités poussent comme des champignons dans toutes les localités de notre vaste pays. Tout cela est merveilleux. Mais comment préserver cet énorme acquis de la dégradation comme cela a été le cas à titre d'exemple à la cité Bachdjarah d'Alger réalisée dans les années 70. La cité dortoir par excellence. Ou encore ces immeubles dans les grandes villes que l'Etat est obligé de réhabiliter alors qu'il s'agit de biens de l'Etat qui ont été cédés à leurs occupants dans les années 80. Il y a bien ces Opgi (offices de promotion et de gestion immobilière) mais chacun sait que cet intitulé n'a plus de sens depuis longtemps. Ces structures ne parviennent même pas à recouvrer correctement les loyers. C'est pourquoi la phrase du ministre citée au début de notre écrit, sonne comme le sauvetage d'une mission que l'on pensait enterrée à jamais. Surtout que le ministre a évoqué «l'implication du citoyen». «Gérer l'habitat» pour en faire un héritage durable favorisant le développement humain à plusieurs générations. Sauf que toute la gestion immobilière de ce fabuleux patrimoine constitué depuis deux décennies, ne dispose que d'un seul texte de loi datant de 1983. Complètement obsolète. Autant dire qu'en matière de gestion immobilière c'est le vide juridique absolu. Incroyable, mais vrai!

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