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Le Président est bien aux manettes!

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Le Président est bien aux manettes!

Réponse par l'image. Le chef de l'Etat était bien là. M.Bouteflika a présidé hier, un Conseil des ministres et pris une photo de famille avec le nouveau gouvernement que dirige Ahmed Ouyahia. Gros plan sur le président: le visage est net, les traits sereins. Cette preuve éclatante allait-elle faire taire les animateurs de la polémique sur sa santé? L'absence de Bouteflika de la vie publique durant un moment a suffi à nourrir bien des ambitions. C'est le parti Jil Jadid de Soufiane Djilali et Talai El Houriate de Ali Benflis qui sont montés au créneau. Voilà un bien curieux attelage pour une opposition de circonstance. Et c'est le cas de le dire. Pourquoi en effet susciter cette polémique maintenant? Il est quand même curieux de constater que seuls ces deux partis s'agitent. Pourtant, dans la sphère de l'opposition en Algérie, ils sont loin d'égaler ni le FFS ni le RCD, lesquels ne se sont pas inscrits dans ce débat mort-né. La réponse est toute simple et cache en réalité des ambitions inavouées.

Cela s'appelle fourvoyer l'opinion, ce qui est par ailleurs condamnable. Pour le premier, Jil Jadid, il faut bien exister en créant une polémique sur la santé du chef de l'Etat. Le sujet est porteur, croit-il, à la veille des élections communales et surtout pour créer une base électorale qui n'existe pas encore pour ce parti. Ainsi va la politique. Pour le second, Talai El Houriate, l'on sait qu'il a été créé pour soutenir uniquement la candidature de Benflis. C'est connu, l'ex-chef de gouvernement, trop pressé, nourrit l'ambition d'enfiler le costume de président de la République. Quant à Noureddine Boukrouh, chroniqueur de talent, il est tout simplement tombé dans un immense travers en basant ses arguments sur un mensonge oubliant qu'il a lui-même fait partie des bataillons du Président Bouteflika en tant que ministre du Commerce. Est-il concevable qu'en 2017 l'on parte en croisade allant jusqu'à solliciter l'intervention de l'armée pour destituer un président élu au suffrage universel? M. Boukrouh s'est-il trompé d'époque et de pays pour confondre l'Algérie avec les juntes militaires latino- américaines des années soixante-dix?
Hier, le chef de l'Etat était bien là en chair et en os. Il a présidé un Conseil des ministres. Les innombrables chefs d'Etat qu'il a reçus n'étaient-ils pas unanimes à attester que ses capacités intellectuelles étaient intactes? La maladie de Bouteflika n'est ni un tabou ni un secret d'Etat. Le président n'est ni sénile ni agonisant. Il a fait son AVC et le débat sur la question a eu lieu déjà en 2013 avant d'être tranchée par l'urne quand les Algériens l'ont réélu en avril 2014 pour un quatrième mandat. Aujourd'hui, à une année et demie de la tenue de la prochaine présidentielle, il est à se demander pourquoi une certaine opposition s'ingénie à relancer un tel débat?
Les Français se sont bien contentés d'un président traînant un cancer jusqu'au stade terminal! François Mitterrand dont la maladie a été détectée dès les premières années de son premier mandat en 1981, a dû régner sur la République française pendant 14 ans. Ses silences répétés par contrainte de maladie, ont amené son conseiller Jacques Pilhan, le gourou de la communication, à créer la théorie qui fait aujourd'hui école dans le marketing politique: «Si vous voulez être entendu, taisez-vous!» Ce n'est pas véritablement le silence, mais la diète. Pour Pilhan, un leader politique ne tirera que bénéfice de son absence momentanée des médias. Le principe consiste à extraire le président du bruit médiatique ambiant qui bombarde le citoyen de messages. Jacques Pilhan explique que si le président de la République parle souvent, il noie sa parole avec le bruit médiatique. La fréquence rapide de ses interventions diminue considérablement l'intensité du désir et de l'attente de l'opinion. Hier, les Algériens ont vu le président Bouteflika. Il leur appartient à eux seuls de faire le bilan de son mandat. A son arrivée au pouvoir en 1999, l'hydre terroriste bombait encore le torse aux portes d'Alger. Le retour de la paix, les logements distribués, les routes asphaltées, le désendettement et le désenclavement d'un pays sous embargo international sont des acquis des années Bouteflika. Avec le Conseil des ministres d'hier, c'est toute la dimension politique qui a repris le dessus balayant d'un revers de la main les scories des débats suspects et sans perspectives.

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