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L'outil qui manquait aux investisseurs

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Il était temps. Dans l'acte d'investir et jusque-là il n'était question que de financements, d'assiettes foncières, de simplifications administratives et d'exonérations fiscales. Or, il est une condition qui, malheureusement, n'était pas prise en compte, qui est celle de savoir dans quel type de production et où? On a eu le récent exemple de la tomate industrielle dont des quantités importantes ont été perdues faute de structures de transformation de proximité. Plus largement, lorsqu'un investisseur décide de se lancer dans un projet, son étude de faisabilité comprend plusieurs facteurs et données à même de garantir au mieux la viabilité de son projet. Parmi ces facteurs figurent en tout premier lieu les opportunités d'investissements. Et c'est précisément cette condition que le plan d'action du gouvernement Ouyahia va s'atteler à remplir. Dans le chapitre II de la troisième partie de ce plan, il est prévu «l'élaboration d'une carte territoriale des opportunités d'investissements». Il est précisé que cette carte relève de «la mission régulatrice des pouvoirs publics». Avec un double bénéfice. D'abord «inciter à la valorisation des atouts et des ressources disponibles à travers tout le territoire» national. Ensuite, cela permet de «prévenir des saturations excessives de créneaux de production, au détriment des investisseurs eux-mêmes». On a vu plus haut l'exemple de la tomate industrielle, mais on peut aussi rappeler l'une de ces erreurs, de même nature, qui a été commise lors de l'ambitieuse période des années 70 de «l'industrie industrialisante» avec l'implantation d'une usine de papier dans un territoire à fort déficit hydraulique. Bref, l'essentiel est de tirer les leçons de ce passé. Chaque territoire de notre vaste pays a ses atouts et ses ressources spécifiques. C'est ce que doit contenir, dans ses premières pages, le guide des investisseurs. C'est un travail minutieux, précis, qui devra se faire, est-il précisé dans le plan d'action, «avec la contribution des wilayas et avec le concours des associations patronales ainsi que des Chambres nationale et régionales de commerce et d'industrie». Ces structures décentralisées dans les différents territoires du pays devront se mettre à la tâche sans délais pour mettre en valeur leur potentiel et les opportunités qu'elles peuvent offrir aux investisseurs. Ce qui fera gagner du temps au développement économique de manière générale et aux investisseurs en particulier. C'est une sorte de «carte de visite», voire même d'un «CV» de chaque territoire. Pour en finir avec «la navigation à vue» et à l'improvisation. Les structures locales concernées ne doivent pas oublier qu'un investissement réussi s'inscrit dans la durée. Qu'un investissement réussi, ce sont des emplois, directs et indirects, pour leurs populations. Ce sont des recettes fiscales locales. C'est la prospérité territoriale, etc. L'investissement n'est pas un jeu de hasard. Chacun sait qu'il est conditionné par une étude de faisabilité. Cette carte territoriale est l'outil qui manquait pour garantir le succès des projets. Il a longtemps manqué. Le plan d'action que présentera Ouyahia au Parlement à la fin de la semaine, le prévoit. Il était temps!

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