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Le cycle infernal des accidents de la route

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L'image est désormais ancrée dans les esprits, les routes algériennes demeurent parmi les plus meurtrières au monde malgré de multiples mesures prises au cours des 10 années écoulées. N'ont suffi à y parer ni les campagnes de sensibilisation ni le durcissement des sanctions avec l'amendement par deux fois de la loi portant circulation routière, d'abord en 2004 puis en 2009 ni les progrès enregistrés sur le plan de l'infrastructure routière à travers l'ensemble du pays. Parmi les facteurs les plus notoirement avancés comme causes principales de ce «terrorisme routier», il y a, nous dit-on, le non-respect du Code de la route par les conducteurs de voitures principalement neuves, majoritairement à l'origine des sinistres. Voire. Cet argument est étayé par le fait que 34% des personnes responsables des accidents ont moins de 30 ans, ce qui tend à conforter l'idée que les jeunes gens sont ceux qui appuient volontiers sur l'accélérateur, inconscients des risques qu'ils prennent et qu'ils font courir volontairement aux autres. Un rapport de la Gendarmerie nationale, fin 2016, appuyait ce constat en indiquant que 73,59% des accidents sont causés par des véhicules légers, 14,54% par des véhicules de transport de marchandises et 3,81% par des véhicules de transport public de voyageurs.
Rapporté à la dimension du parc national tout entier, environ 600.000 véhicules, le chiffre des 3 718 morts et 41 544 blessés communiqué en décembre 2016 par le Centre national de prévention et de sécurité routière peut paraître anodin. Depuis plusieurs années, en effet, le bilan annuel oscille entre 3 900 et 4 000 morts, ce qui constitue en soi une raison nécessaire et suffisante pour mener de nouvelles campagnes à la fois de sensibilisation et de répression. Mais le véritable problème relève de la formation, approximative, et de l'examen du permis de conduire, trop souvent symbolique pour des motifs qui restent à définir. Comme aussi il incombe aux insuffisances constatées dans le traitement des dossiers par les commissions de daïras lors des retraits de permis de conduire.
La solution? Le permis à points, que tout le monde attend comme on attend Godot, sera-t-il réellement la solution miracle? Rien n'est moins sûr car le génie algérien étant ce qu'il est, et les mauvaises habitudes bien enracinées dans les moeurs, on peut se hasarder à croire que des subterfuges seront vite trouvés qui contribueront à maintenir le risque pour les automobilistes à son niveau «habituel». En attendant que la commission consultative initiée dans le cadre de la révision de la loi 01/14 relative à l'organisation, la sécurité et la police de la circulation routière, soit à pied d'oeuvre, reste à souhaiter que des améliorations soient enfin consenties par le secteur des travaux publics désormais lié à celui des transports dans la gestion de la signalisation routière qui, les exemples prolifèrent, causent bien des désagréments surtout dans les axes autoroutiers.

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