ALLIANCE-UGTA-PATRONAT

Réplique groupée

Les chefs des partis proches du pouvoir, l'Ugta, et les organisations patronales, les chefs des groupes parlementaires et le bureau politique du FLN tiennent conclave. Ce «melting-pot» s'est réuni ou se réunira dans les tout prochains jours. Sans compter les réunions non annoncées ou celle s'inscrivant dans le fonctionnement ordinaire des institutions à l'image de la rencontre organisée hier par le président de l'APN, Saïd Bouhadja avec les chefs des groupes parlementaires. Qu'est-ce qui justifie ce frémissement qui se saisit du monde politico-syndical et patronal? S'agit-il de l'effet Ouyahia? Ou alors, c'est le mouvement underground animant la scène politique depuis des mois qui vient de trouver une brèche et percer le brouillage médiatique à la faveur d'une brusque accélération des événements. Dans un cas comme dans l'autre, des alliances se multiplient et les catégories politiques habituelles risquent d'être bousculées pour la simple raison que le chef d'orchestre de cette recomposition est le Premier ministre. Il faut reconnaître à Ahmed Ouyahia cette promptitude à saisir au vol les opportunités, comme celle de mettre en place une nouvelle alliance présidentielle en gestation depuis que le MSP a quitté ce conglomérat en janvier 2012. Le FLN qui a longtemps souhaité être l'initiateur de cette nouvelle alliance, vient de se faire doubler même s'il en reste la locomotive. Le TAJ de Amar Ghoul, et le MPA de Amara Benyounès sauront gré d'abord, à Ahmed Ouyahia de les avoir conviés à une première rencontre de l'alliance dans sa nouvelle version. Les quatre partis qui représentent à eux seuls 65% de l'Assemblée vont tenir une réunion politique certes, mais aussi pour donner un blanc-seing au programme que présentera le Premier ministre devant les députés dimanche prochain. Mais pas seulement. La nature ayant horreur du vide, cette rencontre est une manière de se réapproprier le terrain laissé vacant à un courant de l'opposition appelant à la destitution du président de la République par l'application de l'article 102 de la Constitution. Une chimère à laquelle les promoteurs mêmes de ces appels n'y croient pas mais leur victoire réside dans le fait d'avoir imposé quelque peu ce débat. Pourtant, les pouvoirs publics avaient toute la latitude et l'argumentaire suffisamment fourni pour imposer le vrai débat: celui des choix économiques à prendre pour sortir de la nasse. Cette démarche exige une vision claire et l'identification préalable des forces sociales à mettre en branle, des alliés à gagner à la cause, des priorités sur lesquelles fonder l' action. Sommes-nous arrivés au terme de tous ces préparatifs, de ces tiraillements politiques pour voir enfin la partie commencer? C'est le moment où les équipes rentrent sur la pelouse. On s'échauffe en attendant le sifflet de l'arbitre car la partie sera rude et les coups durs. Malheur à ceux qui n'ont pas la carapace solide!