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L'Algérie sans mines antipersonnel

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Mission accomplie. Le dernier stock de mines antipersonnel détenu par l'ANP a été détruit publiquement, lundi dernier. L'événement a été présidé par le général de corps d'armée Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense nationale et chef d'état-major de l'ANP. Il représentait le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, chef suprême des forces armées et ministre de la Défense nationale. Il s'agissait de «la destruction du stock restant des mines antipersonnel en Algérie, estimé à 5970 mines» comme l'a précisé le général de corps d'armée Gaïd Salah dans son discours devant les nombreux invités dont «des membres du corps diplomatique accrédités à Alger, des attachés militaires accrédités et résidant en Algérie, des autorités militaires et des représentants de la société civile aux côtés d'invités étrangers en qualité d'observateurs ainsi que des représentants des médias nationaux». La première opération de destruction de ces mines a été présidée par le président Bouteflika en 2004. Retour sur l'historique de ces mines antipersonnel pour mieux comprendre l'importance du travail accompli par notre armée pour nous en débarrasser. Durant l'occupation de notre pays, l'armée française a placé 11 millions de mines antipersonnel sur des milliers de km de notre territoire, notamment le long des frontières Est et Ouest. Plusieurs milliers de civils algériens sont morts pour avoir eu la malchance de marcher sur ces explosifs. Plusieurs dizaines de milliers d'autres ont été blessés avec des séquelles invalidantes. Dès l'indépendance, l'armée algérienne s'est attelée au déminage de ces zones. En 1997, 122 Etats dont l'Algérie (ils sont aujourd'hui 161 Etats) ont signé à Ottawa (Canada) la convention qui interdit totalement ces mines. C'est en 2001 que sa ratification eut lieu dans notre pays. Ce n'est que 10 années plus tard et 45 ans après notre indépendance que les autorités françaises ont consenti à nous remettre la cartographie qui permettait de localiser les emplacements de ces mines. Ce qui a prolongé la liste des Algériens victimes de la guerre d'Algérie. Sans compter les risques supplémentaires que prenaient nos vaillants démineurs à «nettoyer» le pays de ce poison laissé par la colonisation. Ce n'est qu'en décembre dernier que l'ANP a annoncé le déminage complet de notre territoire. Et lundi dernier la destruction du dernier stock de ces mines. Ce sont des milliers de km2 qui sont ainsi rendus à l'agriculture et que les Algériens peuvent emprunter sans la peur d'y laisser la vie ou des parties de leur corps. Présent lors de la destruction de ces mines, lundi dernier, le président de l'Assemblée des Etats parties de la convention d'Ottawa, Thomas Hajnocsi, a déclaré que «l'Algérie a démontré son engagement à libérer son territoire des mines antipersonnel et de manière plus large à remplir les objectifs humanitaires de la convention. Ceci n'aurait pas été possible sans l'extraordinaire engagement des autorités de votre pays au plus haut niveau de l'Etat et à l'allocation d'importantes ressources nationales». Justement et contrairement au dossier des essais nucléaires français dans le Sud algérien, les séquelles et dommages causés par les lignes Challe et Morice (du nom des généraux français qui ont dirigé la pose de ces mines) ne sont pas évoqués dans le contentieux qui concerne la période coloniale. Les milliers d'Algériens que ces mines ont handicapé sont à la charge de l'Etat algérien. Tout autant que les victimes de radiation des essais nucléaires. L'armée a rempli sa mission. Le relais passe à la diplomatie. A rappeler que l'Allemagne verse toujours (accords du Luxembourg) des dommages à Israël!

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