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Le mirage onusien!

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Les Nations unies en conclave, tiennent (depuis ce mardi) leur Assemblée générale annuelle. Leur 72e réunion au sommet en fait. Les chefs d'Etat de ses 193 pays membres - ou leurs représentants - et le secrétaire général de l'ONU, s'adonneront à des discours convenus, et puis chacun retournera à ses occupations. En fait, le nouveau président des Etats-Unis, Donald Trump - qui tétanise ses partenaires occidentaux - était en vedette «américaine» mardi soir et son discours «inaugural» très attendu. Son show n'a pas déçu! Ce rituel annuel qui se tient, depuis 1945, n'apportera pas, c'est évident, du nouveau et les choses demeureront en l'état, dès lors qu'aucun dirigeant ou Etat, n'a la carrure et/ou la volonté de faire bouger les choses. La raison en est simple: l'ONU est désarmée et n'a jamais eu les moyens de sa politique qui se résume dans la préservation de la paix dans le monde. En fait, elle a été incapable de trouver une solution au plus vieux dossier dont elle est en charge, depuis quasiment sa fondation: la dépossession des Palestiniens de leur patrie par un partage honteux et inique [résolution 181 II du 29 novembre 1947] leur faisant payer les crimes contre les juifs commis par les nations européennes. Dans son incapacité de faire face aux conflits, l'ONU s'est désistée de sa charge au bénéfice d'Etats tiers en particulier des cinq permanents du Conseil de sécurité, notamment les Etats-Unis, les vrais détenteurs du pouvoir de décision aux Nations unies. Toutefois, il n'y a pas que le dossier palestinien qui fait problème. Dans le monde de ce début du XXIe siècle, le chaos est maître des lieux: des guerres interminables pénalisent l'Afrique, le Moyen-Orient, l'Asie du Sud-Est, induisant la faim, les maladies, la mal-vie, outre les centaines de milliers de réfugiés et migrants. Des peuples souffrent, l'ONU n'y peut rien, sans doute pas d'un manque de volonté, mais plus certainement du fait d'une absence de pouvoir et aptitudes réelles: pouvoir politique, capacités financière et militaire (comme de lever une armée indépendante de ses Etats membres) outre des capacités techniques et matérielles lui permettant d'intervenir en temps réel là où son concours est nécessaire. Ce qu'elle n'a pu réaliser au long de ses 72 ans d'existence du fait même des blocages auxquels elle se heurte. Les seules fois où l'ONU a pu agir, c'est lorsque les cinq détenteurs du droit de veto sont tombés d'accord sur un fait. Cela a été le cas pour l'Iran, pour la Corée du Nord. L'accord sur le nucléaire iranien que le président Trump trouve «horrible» et veut «déchirer» - il l'a réitéré mardi soir à la tribune de l'ONU - a été obtenu par les cinq puissances du Conseil de sécurité, plus l'Allemagne. Le rôle de l'ONU s'est réduit à dire «amen»! Toutefois, le problème de la prolifération nucléaire demeurera entier tant que des pays échapperont à l'expertise de l'agence onusienne de l'énergie atomique (l'Aiea). Actuellement, l'Aiea ne peut agir comme institution indépendante - appliquant son cahier des charges - en expertisant les installations nucléaires de tous les Etats, y compris Israël. Elle le fait pour l'Iran. Pour le moment, l'Aiea n'est qu'une sorte de voix de son maître, sévissant contre les Etats sans appui au Conseil de sécurité, fermant les yeux sur ceux protégés par ce Conseil et ses puissants permanents. Quand les Etats-Unis ont pris la décision d'envahir et de détruire l'Irak, l'ONU et son Conseil de sécurité n'ont pu les arrêter, les en dissuader ou leur imposer de se soumettre à la Charte de l'ONU. C'est celle-là la réalité de l'ONU, un «machin» [comme l'avait qualifiée le président français Charles de Gaulle] dépourvu de pouvoir et de la personnalité qui lui auraient permis d'agir conformément à sa Charte fondatrice. Ce qui est loin d'être le cas. Le secrétaire général de l'ONU qui, de par sa fonction, aurait dû être le «premier personnage» politique dans le monde, n'est qu'un faire-valoir, n'ayant pas droit au chapitre dans les affaires qui mettent chaque jour notre planète aux portes de l'irréparable. Les désordres et les guerres qui la marquent, rendent une troisième guerre mondiale plausible. Dans son concept actuel, l'ONU ne pourra pas l'empêcher. En effet, les Nations unies ne sont qu'un leurre, une aberration dans le monde d'aujourd'hui.

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