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Que serait le terrorisme sans les médias?

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Hystérie médiatique. Il aura suffi, hier, d'un simple enregistrement audio pour qu'un nombre considérable de médias s'enflamme à travers le monde. Ce qui a eu comme premier effet d'étouffer le sujet dominant de la veille qui était le référendum d'indépendance des Kurdes en Irak. Un référendum dénoncé par le monde entier car il vise la partition de l'Irak tout en entraînant, à terme, celles de la Turquie, de la Syrie ainsi que celle de l'Iran. Israël est le seul pays au monde à soutenir les Kurdes et la partition envisagée. Les Kurdes vivent dans une zone géographique à cheval sur ces quatre pays. Autant dire qu'il s'agit d'un nouvel embrasement dans cette région qui vient à peine de vaincre le terrorisme qui occupait plusieurs de ses villes. Des manoeuvres militaires irako- turques sont en cours. L'Iran s'y prépare. La Syrie qui n'a pas libéré la totalité de son territoire aux mains des terroristes est contrainte de temporiser en proposant des négociations à ses Kurdes. C'est un nouveau conflit qui commence dans toute cette région qui vient à peine de prendre le dessus sur les groupes terroristes de Daesh. Pour détourner l'attention internationale de ce nouveau chaos qui s'annonce, un enregistrement audio du chef de Daesh connu sous le nom «d'al Baghdadi» a été mis en ligne et repris instantanément par un nombre extraordinaire de médias. Point besoin d'experts pour authentifier la voix de celui qui pourtant était annoncé mort, tué par des bombardements russes, ni le temps de se poser la question de savoir pourquoi le choix du support audio et non pas vidéo. Cet empressement et l'ampleur de la reprise du «message» répondent à un impératif de calendrier. Pour un double objectif. Celui que nous avons déjà évoqué et qui consiste à «valider» en silence le résultat et les conséquences du référendum kurde, mais également pour propager l'idée que Daesh, bien que vaincu militairement, n'en continuera pas moins de semer la terreur à travers le monde. La principale force de cette entreprise criminelle se trouve dans cette méthode de répandre son discours et ses menaces. On a su éradiquer la pédophilie de la Toile, mais aucune mesure sérieuse n'a été prise jusque-là pour contrer efficacement le cyberterrorisme. Tous les dirigeants de la planète savent que dans toute guerre une bonne propagande est déterminante. Il suffit de se rappeler l'exclusivité accordée par l'armée américaine à CNN lors de l'invasion de l'Irak pour s'en convaincre. Alors que Daesh se sert de tous les moyens offerts par les Ntic pour endoctriner et recruter ses mercenaires, menacer des Etats et maintenir les populations sous la terreur. Si vraiment la communauté internationale voulait se débarrasser de ce fléau mondial, il lui suffirait d'une seule résolution du Conseil de sécurité interdisant aux médias, tous les médias, de relayer les exactions et «messages» des organisations terroristes (Daesh, Qaïda, Boko Haram, etc.). Les arguments de la liberté d'expression ou de la course à l'audimat qu'on entend ici et là, sont plus que fallacieux dès lors qu'il s'agit de la sécurité de toute l'humanité. Daesh a été «ressuscitée», hier, pour mieux faire basculer le Proche et Moyen-Orient dans un nouveau conflit. L'histoire retiendra la part des médias!

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