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Kurdistan, Erdogan accuse Israël

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A malin, malin et demi. Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, vient d'accuser Israël d'être derrière les Kurdes qui projettent la partition de l'Irak. Il s'appuie pour cela sur la présence du drapeau israélien brandi lors des manifestations de joie des Kurdes irakiens après la proclamation des résultats du référendum sécessionniste qu'ils ont organisé. Ce qui le conforte aussi dans cette conviction est le fait qu'Israël est le seul pays au monde qui soutient l'indépendance des Kurdes. C'est ce qu'il déclare dans son discours accusateur. Des arguments qui ne valorisent pas la fonction de chef d'Etat qu'il occupe. Cela voudrait dire qu'il dirige la Turquie en regardant uniquement les informations diffusées par les médias. Qui n'a pas vu ces drapeaux israéliens brandis par les manifestants kurdes? Qui ne sait pas qu'Israël est le seul pays au monde à pousser les Kurdes à s'octroyer une partie du territoire irakien? La vérité est qu'entre Benyamin Netanyahu et Erdogan se joue une partie de poker menteur. Des années que cela dure. La coopération entre Israël et la Turquie couvre plusieurs domaines. Militaire, économique et culturel. Jusqu'en 2022, la Turquie continuera à livrer 50 millions de m3 d'eau potable à Israël en vertu d'un accord signé en 2002 pour vingt ans. Même l'attaque du bateau turc le Marmara par un commando israélien au cours duquel 10 personnes ont été tuées, n'a pas eu raison de cette relation très particulière qu'entretiennent Erdogan et Netanyahu. Ils ont fait mine de se bouder pendant un certain temps (Netanyahu s'est même excusé) avant d'annoncer publiquement leur «réconciliation» en juin 2016. S'en sont suivis, la réouverture de leurs représentations diplomatiques et l'échange de nouveaux ambassadeurs. Ces deux dirigeants partagent le point commun d'avoir plusieurs «fers au feu». Un jour on se tape sur l'épaule, le lendemain on se fait un croche-pieds. Un jour c'est l'un qui avance son pion, le lendemain c'est l'autre qui marque un point. Dans le dossier kurde, Erdogan est intraitable. Il ne veut pas entendre parler de cette minorité qui, chez lui aussi, demande l'indépendance. Il a même mis leur parti, le PKK, sur la liste des organisations terroristes. Pour Netanyahu, le dossier kurde, qui est un problème qui se pose à quatre pays (Irak, Iran, Syrie et Turquie), est un bon moyen d'affaiblir ces pays qu'il considère, surtout l'Iran, comme ses ennemis. Il est plus que clair que Netanyahu ne va pas se dispenser de les utiliser (les Kurdes) pour dépecer ces quatre pays. C'est l'Irak qui est choisi en premier. Erdogan sait que dans les trois autres pays dont le sien il en sera de même. Ce n'est qu'une question de temps. Hier, Netanyahu a démenti les accusations d'Erdogan. Il n'est pas impossible qu'Erdogan fasse semblant de le croire. Pour poursuivre le jeu de dupes. A qui aura l'autre. Un jeu mortifère pour des populations entières. Un jeu qui n'échappera pas à l'Histoire!

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