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L'Algérie s'attaque à l'analphabétisme numérique

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Un défi en cache un autre. La lutte contre l'analphabétisme a été le premier défi qui s'est imposé à l'Algérie dès l'indépendance. Si l'ampleur de cette lutte s'est considérablement réduite aujourd'hui, le combat se poursuit toujours, malgré tout, au profit d'un certain nombre de nos concitoyens. Le directeur général de l'Office national d'alphabétisation et d'enseignement pour adultes (Onaea), Kherbouche Kamel, a affirmé, au cours de la cérémonie officielle d'ouverture de l'année 2017-2018 pour les classes d'alphabétisation, que le taux d'analphabétisme a été divisé par deux en moins d'une décennie «grâce à la stratégie nationale, tracée par le président de la République, pour lutter contre l'analphabétisme en Algérie». Il chiffre à près de 3 millions d'Algériens qui ont été «libérés de l'analphabétisme» durant cette période. Le mot «libérés» prend ici toute sa signification. Une personne qui ne sait ni lire ni écrire ni compter ne peut être que dépendante du bon vouloir des autres. Pour se diriger sans pouvoir déchiffrer les noms de rues, pour prendre connaissance du contenu d'un document essentiel qui la concerne, pour faire valoir ses droits auprès d'une administration ou tout simplement lire les prix lorsqu'elle fait son marché, la personne analphabète en est totalement incapable. Les personnes dans ce cas sont très visibles dans les bureaux de poste dans leur quête de celle ou de celui qui voudra bien se charger de remplir leur chèque. Cette catégorie de citoyens est loin d'être négligeable. Il y a ceux qui trouvent de l'aide auprès de leurs proches, les autres font les affaires des écrivains publics. Etre analphabète c'est être invalide. Totalement dépendant. Mais voilà, pour sortir de ce lourd handicap, une nouvelle condition est venue s'ajouter. Même si l'on sait lire, écrire et compter sans se soustraire à l'analphabétisme numérique on reste toujours dépendant. «L'analphabétisme numérique, c'est un autre défi que l'Onaea travaille davantage pour le relever dans ses programmes future» nous apprend Kherbouche au cours de la cérémonie. Dans cette déclaration il y a du chaud et du froid. Le chaud est dans la prise de conscience des autorités de la nécessité de prendre en charge cette nouvelle condition qui libère l'homme. Le froid est qu'il faudra attendre les «programmes futurs». Combien de temps faudra-t-il attendre pour commencer cette alphabétisation du 3ème millénaire? Kherbouche se garde d'avancer une date. Alors que le temps presse. La révolution numérique a déjà submergé le monde entier. Chez nous elle avance au rythme de l'escargot. E-paiement, E-commerce, le travail à distance, etc. commencent à peine à exister. La E-administration est la plus avancée. Avec son lot d'analphabètes numériques qui font le bonheur des cybercafés. Le problème qui se pose à l'Onaea est qu'elle doit commencer par le haut de la pyramide. Ces cadres analphabètes numériques qui bloquent tout le reste de la population. Beaucoup parmi eux exhibent comme un trophée leur smart phone dernier cri. Ils le font comme avec leur montre au format d'un réveil. Pour faire chic. Pour s'en convaincre, il suffit de consulter les sites Web des organismes qu'ils dirigent. Aux informations sans grande utilité jusqu'aux mises à jour qui attendent des mois, voire des années. Et ceci quand le site existe. Ce qui fait craindre que les «programmes futurs» annoncés, sans date précise, par Kherbouche, ne soient prévus pour la saint-glinglin!

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