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Des vérités bonnes à dire!?

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Tony Blair, ancien Premier ministre britannique et ancien dirigeant du Quartet pour le Proche-Orient, est passé aux aveux. Un mea-culpa qui vient sans doute un peu tard, mais bienvenu, dès lors qu'il éclaire sur certains aspects de la diplomatie internationale et les manquements au droit international qui lui sont afférents. Dans un entretien paru dans le quotidien dominical londonien The Oberver, Tony Blair a reconnu que lui-même et le monde ont eu «tort» de boycotter le mouvement palestinien Hamas... sur pression d'Israël. Il fallait seulement le dire. En fait, il ne nous apprend rien, mais c'est salutaire qu'un Occidental, dise (enfin) les magouilles et passe-droits, faits à la diplomatie, portant atteinte au droit international et, plus fâcheusement à la Charte de l'ONU dans certains dossiers, singulièrement le dossier palestinien. Le Quartet était composé de deux Etats, les Etats-Unis et la Russie et deux organisations internationales, l'ONU et l'UE (Union européenne) dirigé par, donc, Tony Blair. L'ancien Premier ministre britannique a ainsi assuré que lui et les autres dirigeants du monde avaient «cédé à la pression israélienne» pour imposer un boycott immédiat sur le mouvement palestinien Hamas, lequel venait de gagner dans la transparence [comme en ont attesté les observateurs internationaux] les élections législatives de 2006. Ainsi, Blair et les «autres» dirigeants internationaux qui avaient pour mission de trouver une solution au contentieux israélo-palestinien - avec la nécessité de se placer au-dessus des contingences et de ne prendre partie pour aucun antagoniste - se sont surpris à accomplir les demandes et ordres d'Israël, partie du contentieux. Ce que Blair ne dit pas est que, en fait, le Quartet, supposé trouver une solution au conflit israélo-palestinien, est devenu partie du problème, dès lors qu'il prit fait et cause pour l'un des belligérants: Israël. Ce qui est alarmant est le fait que l'ONU était membre de cette mascarade foulant sa propre Charte, noyautant la médiation de laquelle il était devenu utopique d'attendre qu'elle parvienne à établir un consensus pour la paix. Une paix que l'ONI avait mission de favoriser quelles que soient les circonstances. Le Hamas, partie du contentieux, a ainsi été délibérément exclu du processus de paix, alors que le mouvement palestinien - mandaté par le peuple palestinien qui lui donna la majorité au Parlement - était incontournable pour toute recherche rationnelle du dénouement du conflit. On comprend dès lors pourquoi les arbitrages parrainés par les Etats-Unis - faut-il le souligner, allié et protecteur d'Israël - aient échoué. Israël n'a jamais négocié pour la paix. Les caricatures de pourparlers, organisés par les Etats-Unis et le Quartet, avaient pour seul et unique objectif de faire gagner du temps à Israël, lui permettant de reconfigurer les territoires palestiniens occupés. Il n'y a jamais eu autant de colonies annoncées et édifiées dans les territoires palestiniens que lors de ces simulacres de négociations. Ainsi, ce qui peut être relevé est que le contentieux israélo-palestinien n'a jamais été réellement pris en charge par les médiateurs, plus soucieux de ne pas irriter Israël et de complaire à son puissant protecteur états-unien, que d'arriver à un accord qui garantisse la paix et la sécurité pour tous, y compris pour les Palestiniens. Israël donnait le «là» et les médiateurs disaient «amen». Ce qu'a donc confirmé Tony Blair dans un retournement qui en dit long sur ce qu'il a sur la conscience. D'ailleurs, comme dans la guerre contre l'Irak, Tony Blair a aveuglément suivi son mentor états-unien, George W. Bush, en faisant sienne l'exigence - qui est de fait celle d'Israël - de la «reconnaissance d'Israël» par le Hamas. Or, cette reconnaissance - qui serait mutuelle -ne peut être que l'aboutissement de négociations entre les parties en conflit. Elle ne pouvait en aucun cas être un préalable. En effet, comment avant toute chose exiger des Palestiniens et du Hamas, de «reconnaître» Israël, quand ce dernier ne reconnaît même pas le droit des Palestiniens à un «homeland» (à avoir un Etat libre et indépendant)? Sans le dire, Tony Blair met de fait l'accent sur la connivence existant entre Israël et les prétendus «médiateurs» qui ont surtout conforté l'entité sioniste dans ses prétentions et ses oukases. Etonnez-vous qu'après 70 ans, le dossier palestinien soit toujours au même niveau qu'il était en 1947 (date du partage inique de la Palestine historique).

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