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Les riches et la fiscalité ordinaire

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«A quelque chose malheur est bon». Il aura fallu la crise financière pour que les pouvoirs publics décident d'adapter le dispositif fiscal aux signes extérieurs de richesse. Longtemps réclamée par les citoyens, cette «niche» a été jusque-là délaissée par nos services des impôts. On peut d'ailleurs se demander, légitimement, pourquoi? Peut-être parce qu'ils n'étaient pas très nombreux vu qu'ils ne doivent leurs fortunes qu'à l'ouverture économique du pays, en 1990 et donc relativement récente? Peut-être aussi, fallait-il attendre d'en avoir les moyens? Comme la numérisation de l'administration qui est à un stade avancé et permet la connexion de plusieurs sources d'informations. Quoiqu'il en soit, le directeur général des impôts, Mustapha Zikara, a été, on ne peut plus clair devant les membres de la Commission des finances et du budget de l'APN qui planche sur le projet de loi de finances 2018 depuis dimanche dernier. Il a indiqué que les services des impôts vont se déployer sur le terrain pour «identifier les personnes montrant des signes extérieurs de richesse non déclarée, qui devront justifier la source de leurs biens». D'abord pour les assujettir à l'impôt et ensuite engager des poursuites judiciaires, le cas échéant. Différents fichiers seront mis à contribution à cet effet. Ceux des banques. Des douanes. Des Domaines. Et bien d'autres comme celui des cartes grises. L'objectif de ces nouvelles mesures fiscales vise, selon lui, à atteindre l'équité et l'égalité entre les citoyens devant l'impôt. Dans le projet de loi de finances 2018 «il n'y a pas que le simple citoyen qui est assujetti à l'impôt, mais les riches aussi, qu'ils soient commerçants, chefs d'entreprise ou hommes d'affaires», a-t-il précisé. Tout le monde l'aura compris. Il s'agit de l'impôt sur la fortune que la «sécheresse» financière a remis au goût du jour. Les retombées d'un tel travail sur le terrain pour l'identification des gros revenus, sont multiples. Redonner à la fiscalité ordinaire toute la vigueur de la participation citoyenne à la reconstruction du pays. Faire reculer, sérieusement, les fausses déclarations et l'évasion fiscale. Supprimer les obstacles qui freinaient l'obligation du chèque dans les transactions financières. Et bien d'autres effets bénéfiques à l'économie nationale. Le plus important de ces effets sera, sans conteste, le sentiment national d'une administration juste et équitable dans toutes les strates de la société. Nos riches devraient saisir cette occasion pour se mettre en conformité avec la loi. Ils pourront ainsi et en toute tranquillité faire fructifier leurs fortunes. Les immenses potentialités de notre pays, n'ont pas encore été exploitées. Toutes les fortunes qui se sont constituées, jusque-là, ne concernent qu'une infime partie de ce potentiel de richesses de notre pays. Tous les Algériens ont le droit de s'enrichir honnêtement. En toute légalité. Sans complexes. En contrepartie, ils ont le devoir de remplir toutes leurs obligations de contribuables. Au final, c'est la culture citoyenne que vise le PLF 2018!

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