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Le SILA et la francophonie

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Baisser de rideau. Le 22ème Salon international du livre a fermé, hier à Alger, ses portes. S'il faut un peu plus de temps pour établir un bilan, on peut néanmoins s'arrêter sur les grandes tendances qui ont prévalu depuis son ouverture le 26 octobre dernier. D'année en année, le taux de visiteurs semble, sinon augmenter, du moins se maintenir autour de 1,5 million de personnes. Ce qui n'est pas négligeable. Pourtant, la création de nouvelles librairies ne semble pas profiter de ce qui ressemble à un engouement. D'où l'intérêt à ne pas confondre visiteurs et lecteurs. Même les éditeurs se plaignent de l'absence de statistiques «d'identification sur le lectorat algérien et son impact sur le marché national du livre». Pour disent-ils «définir les tendances du lectorat en termes de langues de lecture et de genres littéraires; des données qui, affirment-ils, pourraient les orienter». Ce qui revient à dire qu'actuellement ces éditeurs «naviguent à vue». Ce qui n'empêche pas les affaires d'être bonnes. En 2011, ils étaient 145 éditeurs à avoir participé à la 16ème édition du salon. Cette année, leur nombre a plus que doublé. Ils étaient 314 éditeurs algériens pour être plus précis. Certains avancent les quotas des bibliothèques municipales pour expliquer l'attractivité de cette activité. Bref, il faut assurer la pérennité de ce salon car de ces visiteurs, beaucoup deviendront, un jour ou l'autre, des lecteurs. L'autre aspect intéressant est la production littéraire nationale de cette année. Plus de 180 nouveaux ouvrages ont été exposés à ce 22ème Sila. 90% de ces livres ont été écrits en langue arabe. Les 10% restants se répartissent entre la langue amazighe et française. Il fut un temps pas très lointain où les ouvrages en français étaient en tête. Signe que l'Algérie n'est plus ce «2ème pays francophone après la France» comme il était désigné il n'y a pas si longtemps. Même les autorités françaises en sont conscientes puisqu'elles ont instauré le «Test de connaissance du français» en Algérie depuis 2016 seulement avec des inscriptions en ligne qui ont été supprimées cette année. Pour des raisons de saturation qui ne tiennent pas la route. On ne pourra jamais mettre un litre dans une bouteille d'un demi-litre. Mais quittons la cohue organisée, pour revenir au Sila. Plus de la moitié des livres éditées en 2017 ont été l'oeuvre d'auteurs qui font leurs premiers pas. Comme on peut le constater, l'engouement n'est plus du côté où on l'attendait. De plus en plus d'Algériens se lancent dans l'écriture. Il reste juste à bien mesurer la valeur de ces écrits. Quoi qu'il en soit, le phénomène est positif à plus d'un titre. Il concourt à la lecture. Il encourage la compétition. Il ouvre la voie au mécenat. Le tout pour favoriser l'éclosion d'un environnement favorable à l'édition dans notre pays. Des enseignements sont à tirer de ce 22ème Sila pour faire du 23ème et des suivants de belles «moissons» culturelles!

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