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La France garde son énergie nucléaire

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Contre-feu. La France rétropédale dans sa politique de transition écologique. A l'issue du Conseil des ministres de mardi dernier, le ministre français de l'Ecologie, Nicolas Hulot, déclare que l'objectif de réduction à 50% en 2025 de la production d'électricité d'origine nucléaire, sera «difficile» à atteindre. En langage plus clair, «difficile» est à traduire par «impossible». Ce qui revient aussi à dire que l'électricité qui est produite en France à 75% par le nucléaire, le restera. Le problème est que le parc des centrales nucléaires en France est vieillissant. Sur les 58 centrales nucléaires françaises, 20 sont à l'arrêt et font l'objet de travaux d'entretien. D'ailleurs, un «incident significatif de sûreté» a eu lieu, jeudi dernier, dans la centrale nucléaire de Paluel (Seine-Maritime). Des «incidents» de ce genre ont été signalés récemment dans plusieurs centrales françaises. C'est dans ce contexte de parc vieillissant et des risques qu'il comporte amplifiés par la «marche arrière» du gouvernement qui avait promis la substitution de son énergie nucléaire par les énergies renouvelables et propres, qu'un grand tollé a eu lieu hier. La plupart des journaux français ont ouvert sur un «nuage radioactif détecté en Europe et notamment en France, fin septembre début octobre». Ces médias se sont jetés sur le rapport d'enquête sur ce «nuage» publié, hier, par l'institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (Irsn). «La zone de rejet la plus plausible se situe entre la Volga et l'Oural sans qu'il ne soit possible, avec les données disponibles, de préciser la localisation exacte du point de rejet» est-il mentionné dans ce rapport. C'est-à-dire dans un champ d'action qui se situe entre la Russie et le Kazakhstan. Les Russes ont déjà dit ne pas être au courant d'un incident de ce genre sur leur territoire. Reste le Kazakhstan. Ceci étant, le nuage a disparu du ciel européen et notamment français. Aucune victime ni dégât n'ont été signalés. Tout porte à croire que l'amplitude accordée au rapport de l'Irsn vise à étouffer les protestations contre la promesse non tenue de réduction des centrales nucléaires. Bien que ce parc français de centrales nucléaires pose problème aussi bien aux Français qu'à leurs voisins immédiats. Les nuages comme celui de Tchernobyl en 1986 traversent les frontières. La plus vieille centrale française est celle de Fessenheim à la frontière avec l'Allemagne et pas très loin de celle de la Suisse. Ces deux voisins ont de quoi être inquiets. Plus bas au Sud, il y a les centrales de Cruas et de Tricastin toutes aussi vieilles. En cas «d'incidents» comme aiment a les qualifier, les autorités françaises et les médias de l'Hexagone, les nuages radioactifs n'auront que la Méditerranée à traverser pour atteindre l'Algérie. Le danger est encore plus réel lorsque l'on sait qu'avec l'approche de l'hiver plusieurs réacteurs (des 20 centrales à l'arrêt) doivent être impérativement remis en marche ces jours-ci. Surtout que maintenant, on le sait, la transition écologique n'est pas pour demain!

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