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Le complexe de la décentralisation

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On tâtonne, on avance puis on recule et la valse dure depuis 50 ans c'est-à-dire depuis le Code communal de 1967. Sur le dossier de la décentralisation l'Etat a peur...pourtant, le thème s'est imposé dans l'actualité électorale en tant que sujet dominant et a été abordé par la majorité des partis. Mieux, il a désormais un avocat de luxe, un tribun hors pair et un défenseur acharné en la personne de Ahmed Ouyahia, secrétaire général du RND, et non moins Premier ministre. Avant- hier à Oran, le patron du RND a réitéré la détermination du parti «à concrétiser de la décentralisation et son renforcement». Ouyahia n'a pas inventé le fil à couper le beurre en soutenant que cette décentralisation «est le remède aux maux de l'Algérie». Il a eu le courage de le dire en tant que haut responsable de l'Etat. Il convient de s'engouffrer dans cette brèche. Dépouillée progressivement de ses prérogatives principales, le maire a fini par perdre de son influence auprès des administrés. Il ne gère pas le foncier industriel, il ne décide pas de la distribution de logement dans sa circonscription. Disqualifié de la gestion locale au profit de la daïra et de la wilaya, l'élu local est réduit à un déversoir des colères sociales, affublé de tous les maux. C'est à peine qu'il arrive à gérer les cantines scolaires et le ramassage des déchets ménagers et encore... La situation est intenable et il n'est plus possible de poursuivre avec une pareille démarche. Qu'est-ce qui fait peur dans ce dossier? Est-ce son prolongement, la régionalisation de l'administration des territoires? Il est certain que la performance locale dans l'économie et les finances ne viendra pas avec une simple décision de la réhabilitation des mairies. Le noyau de la question est d'aboutir courageusement à une régionalisation qui, à l'évidence devra être encadrée par l'Etat central. Si la volonté politique s'est exprimée à travers les promesses électorales de Ahmed Ouyahia, il serait alors opportun de revenir au rapport de la réforme de l'Etat établie par Missoum Sbih sur instruction du président Bouteflika, il y a de cela 16 ans. Sbih avait évoqué la régionalisation mais en termes de déconcentration et non de décentralisation. Faut-il peut-être dépoussiérer et améliorer ce projet dépassé. L'émergence de nouvelles agglomérations urbaines, l'évolution démographique et le déplacement des populations induits par la politique du relogement, imposent l'urgence d'une nouvelle géographie humaine. La France pays du centralisme par excellence, a fini par se rendre à l'évidence de la régionalisation depuis 1982 déjà. En Algérie, l' administration évolue encore hors temps et s'entête à reproduire le vieux schéma d'un jacobinisme sclérosant. N' est-il pas temps alors de nous débarrasser de ce complexe?

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