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Les échecs répétitifs de l'ONU!

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L'ONU - Organisation des Nations unies - est cette énorme «machine» dont la mission essentielle est de préserver la paix; protéger le droit international; sanctionner - s'il y a lieu - les pays en infraction (par rapport à ses lois) et, last but not least, exercer ses prérogatives - de fait dérisoires - de la même manière à l'égard de ses Etats membres. Est-ce le cas? Certes non! L'ONU est même aux antipodes de ce qui était attendu d'elle. L'institution internationale a donc échoué! Certes! Cela n'est pas toutefois aussi sommaire que l'on veuille le faire croire. Au regard de l'étendue de ses missions, en quoi l'ONU a-t-elle échoué? Ce qu'une agence de presse a tenté d'expliquer. Consacrant un article à une réunion (jeudi) du Conseil de sécurité (à propos de la présumée attaque chimique en Syrie) et l'impossibilité pour ses membres d'arriver à un consensus, pour le renouvellement du mandat de la mission d'enquête conjointe ONU-Oiac (Organisation pour l'interdiction des armes chimiques, dépendant de l'ONU) cette agence titrait «L'ONU en échec sur une prolongation des enquêtes sur les armes chimiques.» On s'attendait à une analyse exhaustive des causes qui font que l'ONU échoue dans ses missions et ne parvient pas à imposer des règles conformes à sa charte fondatrice. Il n'en fut rien. Il y eut en revanche, une attaque frontale contre la Russie - membre permanent du Conseil de sécurité - qui eut le tort de bloquer l'idée de prolonger d'une année le mandat du «JIM» [Joint Investigative Mechanism]. Il est ainsi fait chorus avec une lecture biaisée et sans nuance du problème qui occupe le Conseil de sécurité. En fait, en filigrane, plus que l'ONU, c'est donc la Russie - en faisant usage de son droit de veto - qui a fait manquer la prolongation du «JIM». Un allongement que réclame l'Occident qui, bien avant l'enquête et sans attendre ses résultats, avait condamné sans appel le régime syrien, coupable, selon lui, de l'attaque chimique de Khan Cheikhoun. De fait, c'est la conclusion - responsabilisant Damas - à laquelle est arrivée ladite enquête, sans que celle-ci se soit déplacée sur les lieux de l'action, se reposant sur les seuls témoignages de personnes à charge. Il y avait en fait comme un défaut dans le rapport du JIM, ce que la Russie a relevé. En fait, cette enquête n'a été ni équilibrée ni objective et ses conclusions sont par trop conformes à ce qu'attendait la troïka occidentale (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France) partie prenante dans le conflit de Syrie. En fait, d'aucuns s'interrogeaient: comment le régime syrien, au moment où son armée reprenait l'initiative sur le terrain, pouvait-il se permettre de commettre un acte qui le mettrait en porte-à-faux? C'est pourtant ce que la troïka veut faire accroire, aveuglée par l'agressivité qu'elle professe envers le régime de Damas. Donc, l'ONU aurait échoué du seul fait qu'elle n'a pas pu condamner la Syrie, comme l'exigeaient les Etats-Unis et ses deux partenaires, ni prolonger le mandat du «JIM». Assurément, si échec il y a, il est dans la structuration des Nations unies, phagocytées par les puissants détenteurs du droit de veto. Le ver était dans le fruit. Aussi, il est singulier de pointer la Russie, dont l'usage de ce droit est de fait restreint, quand les Etats-Unis en ont fait un usage abusif ces dernières années pour protéger l'entité sioniste, Israël, des crimes qu'il commet contre les Palestiniens. Pourquoi ne se pose-t-on pas la question de savoir les vraies causes qui empêchent l'ONU de fonctionner normalement? L'ONU est incapable de trouver une solution au conflit israélo-palestinien qui perdure depuis 70 ans, une issue à l'occupation du Sahara occidental par le Maroc depuis 42 ans. Dossiers qui buttent sur l'interférence des détenteurs du droit de veto: les Etats-Unis et la France notamment. Cela, outre les moyens dérisoires qui sont ceux de l'ONU pour effectuer correctement et avec succès, les missions qui lui sont imparties. Aussi, quand on se focalise sur un seul aspect de ces missions, on perd de vue une évidence, à savoir que l'ONU ne peut fonctionner normalement, en plus du veto, du fait que l'Occident semble lui avoir assigné des missions précises: sanctionner les pays qui ne sont pas en phase avec ses desiderata. Dès lors, qui pouvait s'attendre à ce que le Conseil de sécurité puisse condamner les Etats-Unis qui ont ignoré son «non» en envahissant et détruisant l'Irak en 2003? Une question de perspective sans doute. Le vrai échec de l'ONU est celui-là: être incapable de sanctionner les crimes de ses puissants membres détenant le droit de veto; permettre et tolérer que des pays stockent des ADM et détiennent des armes chimiques et biologiques - que ses conventions interdisent - et, dans le même temps condamner les laissés-pour-compte (cf; l'Iran, la Corée du Nord, la Syrie) pour ces mêmes faits. De ce point de vue certes, l'ONU a gravement échoué, dès lors qu'elle juge et sanctionne selon que tu sois blanc ou noir, riche ou pauvre, puissant ou simple figurant.

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