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Le "gouvernement" communal

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Dès ce matin, les citoyens procéderont au renouvellement des personnes qui auront en charge la destinée des 1541 communes que compte le pays. A voir le rôle et la tâche qui échoient à ces élus, il n'est pas exagéré d'affirmer qu'il s'agit de désigner par la noble voie des urnes un «gouvernement» communal. Parfois on oublie et souvent on minimise le fait que la commune est la base de l´Etat et constitue, à son échelle, un vrai gouvernement qui a en plus l'excellence d'être élu par le peuple. Dans cet exécutif les tâches à accomplir sont réparties avec précision. C'est donc au niveau de la commune, début et prolongement de l´Etat, que le concept de «bonne gouvernance» prend tout sens. Il y a en effet, un rapport direct sans intermédiaire entre la municipalité, les citoyens et les pouvoirs publics. Tant il est vrai que bien gouverner c´est, planifier, prévoir, singulièrement «bien servir». C'est dire que l´élu communal occupe une position stratégique dans l´échiquier de la République: Il est à la fois le représentant de l'Etat auprès de la collectivité et délégué de la commune et donc de ses administrés auprès des pouvoirs publics. En d'autres termes, le maire a une charge éminemment politique qui exige une parfaite connaissance des procédés de gestion des affaires de la commune. Ceci pour dire que le poste de maire, tremplin de toute carrière politique, exige des qualités autrement plus rationnelles qui confèrent à l´élu cette stature d´homme d´Etat. Or, pour se convaincre que le costume de maire est trop large pour nos élus, il suffit de se promener dans n'importe quelle commune d'Algérie et de constater l'état de délabrement de la mal-gestion. On peut pérorer sur les tares du Code communal et les lois relatives à la commune qui ont vidé la charge de maire de toute prérogative politique, reléguant le poste, à celui d´un fonctionnaire rétribué par l´Etat. Ce n'est pas suffisant pour absoudre les carences de nos élus. Il convient de s'interroger si nos maires sont qualifiés pour les tâches pour lesquelles ils ont été investis. Ont-ils les profils d'homme d'Etat? Tant que nos hommes politiques rechignent à postuler aux élections communales, nos assemblées locales resteront sclérosées par une gestion bureaucratique. Ils sont nombreux à postuler à des postes beaucoup plus gratifiants, ministres, ambassadeurs ou d´être appelés à de hautes charges dans les institutions de l'Etat, comme d´ambitionner la charge suprême, mais jamais pour leurs communes. C´est précisément la carence récurrente des maires algériens. Depuis l'épisode Bachir Mentouri qui a présidé aux destinées de la mairie d'Alger, début des années soixante à 1976, on n'a pas vu de haut fonctionnaire occuper le poste de maire en Algérie, exception faite du maire d'El Khroub à Constantine, le professeur Aberkane, qui mérite, à ce titre, tous les honneurs.

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