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Terrorisme: derrière le camouflage...

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Au moment où l'on estimait que la tête de l'hydre avait été coupée, elle ressurgit là où on ne l'attendait pas. C'est vendredi en Egypte où un carnage - 305 victimes - a été commis dans une mosquée du Sinaï. Jusqu'à hier, l'attentat n'a pas été revendiqué, mais le modus operandi désigne ses auteurs. Cette hydre mortifère peut s'appeler, selon les régions, les cas et les besoins du (de ses) commanditaire(s), «Al Qaîda», «Etat islamique» [Daesh/EI], «taliban» «Boko Haram» «Shebab» tant ces groupes terroristes sont interchangeables, agissant sans état d'âme, massacrant et détruisant avec la même application et la conviction du «devoir» accompli: leurs victimes se comptent en centaines de milliers de musulmans. Ces monstres assoiffés de sang qui piègent des mosquées, se réclament de l'islam, sont-ils des musulmans? Aussi, l'attentat du Sinaï est sans doute le fait de la «succursale» égyptienne de Daesh, venant en réponse à ses défaites cuisantes en Syrie et en Irak, délogé avec pertes et fracas de ces deux pays. Ainsi, la chute de Rawa, dernier fief de Daesh en Irak, celle de Boukamal, son ultime bastion urbain en Syrie attestent du recul du pseudo-califat. En fait, la situation sécuritaire de ces deux pays s'est nettement décantée. Ce qui ne veut pas dire que tout soit parfait et la situation sous contrôle - loin s'en faut - mais cette reprise de l'initiative par les autorités irakiennes et syriennes, donne à ces pays, la possibilité de reprendre définitivement la main dans leurs territoires. C'est plus vrai pour la Syrie qui a encore à reconquérir 25% de son territoire toujours aux mains de groupes rebelles et/ou terroristes. En fait, quoique des problèmes cruciaux demeurent et demandent à être solutionnés en Syrie, c'est la (presque) disparition du groupe terroriste «Daesh» de ces régions du Moyen-Orient qui fait l'évènement. Toutefois, le groupe terroriste ne veut pas abdiquer, qui a commis en Egypte le plus sanglant de ses crimes dans cette région. Dès lors, plus que jamais se pose la question: qui se cache derrière des sigles qui sont un outrage pour l'islam et le Monde musulman, pour quels objectifs? Depuis des années, au même titre qu'Al Qaîda, ledit «Etat islamique» - en service commandé - a servi de couverture, aux Etats-Unis (notamment), qui, par ce biais, se sont implantés en Afghanistan, en Irak comme, en partie, en Syrie. Ainsi, des «forces spéciales» états-uniennes sont bel et bien présentes en Syrie contre le gré des autorités. Cela peut être assimilé à une occupation de fait. Après les défaites de Daesh - prétexte de leur présence en Syrie - les Etats-Unis n'ont plus de raison de demeurer dans ce pays avec lequel ils n'ont pas (d'ailleurs) de relations diplomatiques. Or, prévenant une telle éventualité - le retrait des militaires américains de Syrie - un responsable militaire états-unien, avait affirmé récemment que les Etats-Unis, ne «partiraient pas» avant la finalisation du processus de Genève (pourparlers intersyriens). Ce qui pourrait durer des années. Aussi, avec l'éradication, dans les semaines et mois à venir, des groupes terroristes en particulier en Syrie, la question est de savoir ce que vont faire les Etats-Unis, pour justifier, a posteriori, leur présence au pays du Cham ou, à l'évidence, ils n'ont rien à y faire, si jamais une telle présence aurait été légitime. La Syrie, qui a fait appel à l'Iran, à la Russie et au Hezbollah libanais, n'a jamais sollicité l'aide des Etats-Unis pour chasser les groupes terroristes. En Syrie, en revanche, les Etats-Unis aident militairement des groupes d'opposition kurdes qui revendiquent l'autonomie. Washington, outre une ingérence en pays étranger, met en question l'intégrité de la Syrie. C'est justement cette manière qu'ont les Etats-Unis de s'imposer à autrui, par groupes terroristes interposés, qui fait problème. En effet, les groupes extrémistes qui dévastent le Monde arabe, depuis près de deux décennies, sont alimentés (directement et indirectement) par singulièrement, les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne et leurs valets arabes, voire jusqu'à il n'y pas longtemps encore, par la Turquie. Sans cette aide intéressée - basique, logistique, financière, militaire... - cette nébuleuse du crime, qui s'emploie à un nettoyage par le vide au Moyen-Orient, n'aurait pu accomplir les dégâts (humains et matériels) qu'elle a commis ces dernières années en Syrie et en Irak notamment. Et ce sont les Etats-Unis, en particulier, qui crient au loup alors qu'ils sont les seuls bénéficiaires de l'affaiblissement, voire de la disparition des Etats-nations arabes. Ce sont ces puissances occidentales qui ont fomenté et supervisé le chaos dans les pays arabes, allant jusqu'à s'allier aux extrémistes pour parvenir à leurs fins. Ces guerres qui mettent à mal le Moyen-Orient, quitte à nous répéter, ont été suscitées et entretenues par les puissances occidentales et des monarchies du Golfe. Avec les résultats monstrueux que l'ont connaît aujourd'hui, comme vendredi au Sinaï. Et, comble du cynisme, ce sont elles qui versent des larmes de crocodiles sur le sort des Arabes.

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