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L'Algérie compte ses malades

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Précisions. Si certains pensaient que nos autorités publiques connaissaient le nombre de nos malades qui souffrent d'insuffisance rénale, ils se trompent. L'opération de recensement de ces malades n'a été lancée que samedi dernier. C'est le professeur Mustapha Hammouch, président de l'association algérienne de l'insuffisance rénale, qui l'a annoncé en marge du 24ème Séminaire national dédié à cette pathologie. Annonce confirmée par le ministre de la Santé, Mokhtar Hazbellaoui, qui est convaincu que ce registre «va permettre de mieux gérer les besoins en greffe rénale y compris la greffe rénale pédiatrique qui doit être développée». Ce qui veut dire que jusque-là, personne ne savait au juste combien il y a de malades insuffisants rénaux en Algérie. Pourtant, certains praticiens ne se sont pas privés de nous balancer des chiffres (qui s'avèrent aujourd'hui fantaisistes) à diverses occasions. On a souvent entendu le chiffre de 1,5 million de malades. D'où est-il «sorti»? Sur quelles considérations ce chiffre a été arrêté? Ce qui veut dire aussi que nos besoins en greffe rénale n'étaient pas gérés comme il se doit. C'est le ministre qui le dit, pas nous. Pourtant, un praticien qui a participé, en septembre dernier, à une journée sur la néphrologie, n'a pas hésité à «balancer» publiquement «qu'en 20 ans, 19.500 greffes de reins ont été réalisées à l'échelle nationale». Il a même ajouté que «25.000 (insuffisants rénaux, ndlr) sont actuellement pris en charge dans les services de néphrologie et centres d'hémodialyse du pays». Il est rudement bien informé le praticien. Plus informé que le ministre. Il est temps que cesse ce jeu malsain de chiffres imaginaires dans le secteur de la santé et dans tous les secteurs. Mais surtout celui de la santé. A l'ère du numérique, il suffit d'un logiciel et d'une connexion pour que les informations qui remontent des divers services de santé du pays puissent être stockées, répertoriées, «disséquées», le tout avec une précision incontestable. Pas seulement pour les maladies rénales, mais pour toutes les maladies sans exclusive. Surtout celles qui sont chroniques. On a la chance de disposer de l'intelligence artificielle pour faire le travail à la place de l'humain. Et mieux que lui. Profitons-en! Cela servira pour savoir quand et où il faudra ouvrir un centre d'hémodialyse par exemple. Cela servira même à disposer d'une carte de nos territoires en matière de couverture médicale selon les maladies prévalentes et de la disponibilité des spécialistes. Cela servira à connaître le nombre réel de nos diabétiques, de nos cancéreux, etc. Cela servira enfin et surtout, de «mieux gérer nos besoins» comme l'a si bien dit le ministre. Il s'agit des besoins de nos malades, pas des fournisseurs. Tout le monde aura compris le pourquoi de cette précision!

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