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Sommet UE-UA, pour faire quoi?

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Bousculades. Aujourd'hui s'ouvre à Abidjan, la capitale de la Côte d'Ivoire, le 5ème Sommet Union africaine-Union européenne. Le président Abdelaziz Bouteflika a désigné le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, pour le représenter à ce grand rendez-vous. Il sera accompagné par notre ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel. Qu'attendre de ce sommet qui réunit deux continents marqués par une histoire coloniale dont les effets sont toujours présents? Qu'attendre de ce sommet alors que plusieurs autres sommets ont réuni d'autres puissances aux pays d'Afrique? Il y a eu le sommet Chine- Afrique, de l'Afrique avec les Etats-Unis, celui de l'Afrique avec le Japon, celui de la France avec l'Afrique, celui de l'Inde avec l'Afrique, etc. Un seul sommet a été annulé, celui qui avait été annoncé avec Israël au Togo en août dernier. Un tel agenda d'un continent brusquement courtisé par les grands de la planète a de quoi susciter des interrogations. Le continent noir est le plus riche de la planète en ressources naturelles. 40% des réserves mondiales en or, 80% des réserves de chrome, 90% des réserves de platine, 10% des réserves de pétrole, etc. Sur le plan du développement économique et social du continent, c'est plus compliqué. Avec une population en 2050 estimée à 3 milliards, l'Afrique est tout à la fois un marché de consommation, un terrain d'investissements, un immense bassin de ressources humaines, mais aussi le creuset de mouvements migratoires massifs qui menacent la sécurité de l'Occident. Tous les pays développés ont fini par accorder de l'intérêt au développement de ce continent livré à lui-même depuis les années d'indépendances. A cet abandon s'étaient ajoutées les ingérences multiformes qui ont alimenté les conflits armés qui ont fini par achever des populations laissées exsangues par les colonisateurs. Du Katanga, au Biafra, de l'Angola au Mozambique et aujourd'hui au Sahel, au Mali, Niger, en Centrafrique et ailleurs, l'Afrique n'en finit pas d'être le terrain où toutes les puissances lorgnent vers ses richesses naturelles. Aujourd'hui c'est l'or, alors qu'hier c'était le commerce florissant de la traite négrière. Le discours a certes changé. Il est question d'aide au développement, d'accords «gagnant-gagnant», de formation, d'investissements, etc. Faut-il pour autant que les Africains se laissent bercer par des illusions? La ruée des pays développés qui, actuellement, se proposent d'aider le continent, ne laisse présager rien de bon. C'est à celui qui aura la plus grande «part du gâteau» africain. La compétition se fera sans pitié. Les coups tordus ne manqueront pas. Les anciens colonisateurs et leur «pré carré» ne céderont pas facilement la place aux puissances émergentes comme la Chine ou le Japon. L'Union africaine est trop courtisée. Plutôt trop convoitée. Il y aura inévitablement des «recalés» qui ne resteront pas les bras croisés. L'Afrique est à un tournant de son existence. Un autre tournant. Elle n'avait pas su négocier celui des années 1960. Fera-t-elle mieux en 2017?

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