Accueil |L'Editorial |

Nucléaire: l'hystérie!

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font

L'avancée des Nord-Coréens dans le domaine réputé stratégique des missiles balistiques met l'Occident en émoi. C'est pour ainsi dire l'hystérie, notamment chez les Etats-Unis, qui menacent Pyongyang de toutes les foudres de leur puissance atomique. De bonne guerre, renchérissent les Occidentaux qui condamnent Pyongyang et fustigent un pays qui a la prétention de marcher sur leurs plates-bandes, dès lors que ces derniers estiment que le nucléaire militaire et, singulièrement, les missiles balistiques, relèvent de leur domaine réservé. Voilà donc, la Corée du Nord qui, passant outre, annonce triomphalement (mercredi) avoir réussi le lancement d'un missile balistique intercontinental (Icbm), pouvant parcourir 13 000 kilomètres et capable d'atteindre toutes les villes américaines. Point d'orgue, Pyongyang se proclame, dans la foulée, désormais, partie prenante du «club [très réservé] des puissances nucléaires». Excusez du peu! Qu'exigent les Etats-Unis, en pole position dans cette affaire nord-coréenne? Rien de moins que l'abandon par Pyongyang, sans autre forme de procès, de son armement nucléaire et balistique. En un mot, renoncer à se défendre, alors que les Etats-Unis, de leur côté, renforcent leur présence militaire en Asie du Sud-Est - dont les bases ceinturent la région - mettant directement en péril la sécurité de la Corée du Nord et de l'Asie dans son ensemble. Grossièrement, l'Occident demande simplement à la Corée du Nord de se suicider, alors que ce pays a fait des efforts et sacrifices colossaux pour aboutir à son objectif de se doter d'une force de dissuasion. Et c'est au moment où ce pays voit le bout du tunnel, avec la mise en place de sa force de dissuasion, quasi-opérationnelle - selon les experts militaires occidentaux - que l'on exige de lui d'y renoncer. C'est du n'importe quoi! D'autant plus que des pays qui ne font pas partie des «cinq» Etats atomiques reconnus [Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni] Israël, l'Inde et le Pakistan (disposant chacun entre 100 et 300 ogives atomiques) ne sont pas inquiétés outre mesure et l'on n'exige pas d'eux de se «conformer». En fait, Donald Trump a beau tempêter contre «l'homme-fusée» - c'est ainsi que le président états-unien caricature son homologue nord-coréen, Kim Jong-Un -.il devra, d'une manière ou d'une autre, prendre acte de cette nouvelle donne géostratégique induite par l'accès de la Corée du Nord à la situation de puissance nucléaire. Aussi, le problème n'est pas de porter un jugement de valeur, sur ce que fait la Corée du Nord laquelle, il semble bien, a le même droit de se défendre que les Etats-Unis, dont l'arsenal nucléaire et balistique menace sûrement la sécurité de la planète. Il y avait sans doute d'autres moyens d'amener la Corée du Nord à négocier que les Etats-Unis et l'Occident n'ont pas jugé politique de mettre en jeu, préférant l'intimidation et la menace de l'emploi de la force avec toutes les conséquences que cela pourrait induire. Dans son bras de fer avec le président nord-coréen, son homologue états-unien, Donald Trump, veut-il perpétrer l'irréparable, par ses déclarations provocatrices, qui promet de «détruire complètement» la Corée du Nord, insistant du haut de la tribune de l'ONU que Washington était «prêt, veut et peut le faire». M.Trump est-il seulement conscient de ce que sera une guerre nucléaire? En fait, contrairement à l'Iran [qui a toujours catégoriquement nié avoir l'intention de fabriquer la bombe atomique, a accepté de geler pour dix-ans certaines parties de son programme nucléaire, dans le cadre de l'accord sur son nucléaire dit «P5+1»] la Corée du Nord n'a en revanche jamais celé que son objectif primordial demeurait la maîtrise, en aval et en amont, du processus nucléaire et balistique. Ce que Pyongyang semble avoir atteint à en croire les déclarations des dirigeants nord-coréens. En fait, désormais, la Corée du Nord se trouve en position de force et c'est elle qui, au bout du compte, posera ses conditions. Il est en effet hasardeux de croire que Pyongyang va revenir sur un travail débuté depuis de longues années pour l'abandonner une fois arrivé à son terme. Aussi, les surenchères du président Trump, de son chef de la diplomatie, Rex Tillerson, de son ambassadrice à l'ONU, Nikki Haley, qui mercredi encore, reprenant à son compte l'antienne de son président, a aussi menacé de «détruire complètement» le pays en cas de guerre. L'ostracisme envers la Corée du Nord et l'Iran qui, il est vrai, ne font pas partie des «amis» de l'Occident, avait-il lieu d'être quand - si l'on s'en tient à la stricte défense de la sécurité de notre planète - c'est Israël qui ne se conforme à aucune loi, ne respecte pas les conventions internationales en la matière (Israël n'adhère ni au TNP ni au Ctbt ni aux conventions de l'ONU sur les ADM) qui devrait être sanctionné et, éventuellement, combattu. Ce n'est pas le cas, dès lors que l'Occident a décrété que le danger, aujourd'hui, c'est la Corée du Nord.

Suivez ces commentaire via le flux RSS Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha