Après Macron à Alger, Ouyahia à Paris

Montée en cadence. Les relations algéro-françaises viennent de connaître une brusque accélération. Dans un climat nouveau et sous de meilleures auspices. Finalement, le choix de la date de la visite du président Macron à Alger s'avère lié à la volonté des chefs d'Etat des deux pays d'aller vers une nouvelle impulsion d'un partenariat qualifié de stratégique. La réunion du Comité intergouvernemental de haut niveau (CIHN) qui s'est tenue jeudi dernier à Paris et coprésidée par les Premiers ministres des deux pays a traduit et mis en oeuvre la volonté politique exprimée la veille à Alger par le président Abdelaziz Bouteflika et son homologue français Emmanuel Macron. En effet, pas moins de 12 accords ont été signés à Paris par les deux délégations. Il s'agit essentiellement de partenariats dans la formation concernant plusieurs filières de la formation d'excellence. Dans les métiers de l'énergie. Dans ceux de l'électricité et des automatismes industriels. D'un centre de formation pour les métiers de l'automobile à Oran pouvant accueillir des milliers d'élèves. Il s'agit également d'un accord de mise en réseau (pour une professionnalisation) des écoles supérieures algériennes avec des écoles françaises d'ingénieurs. D'autres accords comme la production de vaccins ainsi que des produits oncologiques en Algérie ont été signés. Cependant, tous ces accords s'intègrent dans un document-cadre pour la période 2013-2017. Une nouvelle feuille de route est prévue pour les cinq années à venir (2018-2022) pour être entérinée lors de la prochaine visite d'Etat qu'effectuera, prochainement, le président français en Algérie. Très probablement en février prochain. Ce sera une nouvelle et importante étape dans les relations entre nos deux pays. C'est ce qui ressort de la déclaration du président Macron qui a annoncé au cours de la conférence de presse à l'issue de sa visite que «des décisions importantes vont être prises dans les semaines et les mois à venir». Non sans avoir rappelé que «les deux pays ont des relations d'amitié sur lesquelles je souhaite creuser un sillon de partenariat stratégique très fort». Le discours du président Macron se veut empreint de franchise et de sincérité. Il ne cesse de le rappeler. D'ailleurs et pour preuve de son ambition à impulser des relations apaisées et tourner vers l'avenir, le chef de l'Etat français a fait cette précision: «J'ai accédé à une demande plusieurs fois réitérée par les pouvoirs publics algériens d'avoir la restitution des crânes des martyrs algériens et j'ai pris la décision de procéder justement à cette restitution. Le texte de loi nécessaire pour se faire sera pris.» On a également appris que le dossier de la restitution de nos archives est sur le point d'être réglé. Par étapes. Du coup, l'espoir d'une véritable refondation des relations entre l'Algérie et la France est plus que permis. Quant à la question mémorielle, celle-ci ne doit plus servir à bloquer systématiquement nos relations. Le passé ne s'efface pas. Il faut juste laisser du temps au temps. Dans l'intérêt des deux pays!