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Daesh en Libye dans le viseur russe

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Poursuites. Poutine «super star». 1700 journalistes ont assisté à la méga conférence de presse annuelle du président russe tenue, jeudi dernier, à Moscou. Plus de 3 heures de questions-réponses. Toutes les affaires du monde et de Russie y sont passées. Ou presque car il manquait juste la crise libyenne. Pourtant, deux jours auparavant, son ministre des Affaires étrangères, Serguei Lavrov, avait annoncé que «La Russie fera tout ce qu'il faut pour une normalisation complète de la situation en Libye». La veille de cette annonce, le président russe, Vladimir Poutine, a, au cours d'une visite surprise sur la base aérienne de Hmeiinin en Syrie, ordonné le retrait de ses troupes de Syrie. Il considère en avoir fini avec Daesh dans ce pays. La suite relève d'une solution politique entre les Syriens eux-mêmes. Quitte à les aider pour ce faire. C'est de la haute stratégie. Tant sur le plan intérieur en rassurant les Russes qui auraient pu s'inquiéter sur les risques d'enlisement de leur armée lors des opérations à l'extérieur. Le retour des soldats russes dans leur pays est également un point positif à l'approche de l'élection présidentielle prévue le 18 mars prochain. Sachant que Poutine a déclaré être candidat à cette élection. Sur le plan international, les retombées de ce retrait ne sont pas, non plus, négligeables. Confinées à la lutte contre le terrorisme, les interventions militaires russes à l'étranger excluent toute suspicion d'hégémonisme. Au contraire, elles participent à la stabilité des pays et des peuples en proie à de graves dangers comme c'était le cas pour la Syrie. Pour preuve, la Libye a aussitôt envoyé à Moscou son ministre des Affaires étrangères, Mohammed Taha Siala. L'annonce de Lavrov, citée plus haut, a été faite au cours de cette visite. En toute probabilité, l'aide demandée aux Russes par les Libyens va suivre un déroulement contraire à ce qu'il a été en Syrie. Si dans ce dernier pays l'intervention russe a commencé par des opérations militaires avant de se poursuivre sur le terrain politique, en Libye ce sera carrément l'inverse. «Nous allons coopérer en faveur de la résolution de toutes les questions aux pourparlers entre Tobrouk et Tripoli, avec qui nous avons des contacts réguliers» a ajouté, mardi dernier Sergueï Lavrov. Une médiation qui se poursuivra jusqu'à l'élection présidentielle de mars prochain. Ce qui est parfaitement logique. Ce n'est qu'après cette étape que la puissance de feu sera lancée contre Daesh en Libye. Un plan qui n'a pas échappé aux terroristes de Daesh qui après leur défaite en Syrie se replient en Irak. C'est Poutine qui, informé par ses services, l'a révélé, jeudi dernier, lors de sa conférence de presse. Dès lors, l'éradication de Daesh en Libye deviendra moins ardue qu'elle ne l'a été en Syrie. Sauf si l'information donnée par Poutine est d'ordre tactique. Dans tous les cas de figure, Moscou est en mesure d'infliger à Daesh en Libye le même sort qu'en Syrie. C'est juste une question de calendrier!

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