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Monde arabe, retour vers le futur!

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Le seul ennemi des Arabes, ce sont encore les Arabes. Cet axiome est illustré - de manière sanglante - depuis au moins 2011 et l'iconoclaste «printemps arabe» qui apporta ruines et chaos au Monde arabe. Certes, on a un «peu» aidé les Arabes à s'entre-tuer. Mais pas que ça! En cette fin de 2017, cette région du monde est marquée par un grand nombre de guerres qui mettent son devenir en équation. Cette situation a été voulue! Cela ne fait aucun doute, d'autant plus que les Arabes, viscéralement, sont préparés à de telles rivalités. Du plus vieux conflit en Somalie - depuis 1990 - au plus récent, celui du Yémen - depuis 2015 et les attaques de la coalition dite «arabe» menée par l'Arabie saoudite - en passant par le chaos en Libye, la guerre en Syrie, les contingences en Irak et en Egypte, le désespoir dans les territoires palestiniens occupés, c'est la moitié des pays arabes qui, d'une manière ou d'une autre, est sur le pied de guerre. Des pays arabes retournés à la barbarie. Le Monde arabe est ainsi plus désuni qu'il ne l'a jamais été. Quand ce n'est pas la guerre, ils se paient le luxe de se donner en spectacle, à l'instar de la tragi-comédie qui oppose les pays du Golfe à leur «frère» qatari. En Syrie, en Irak, en Libye, en Somalie, au Yémen, les guerres ont fait des centaines de milliers de morts. Le Liban hésite entre la guerre civile et une paix armée faisant craindre un retour aux années de braise de 1975-1990. Ajouter à cela le Soudan où persistent les insurrections du Darfour et du Kordofan. Que dire des guerres fratricides entre les Palestiniens du Hamas et du Fatah qui ont desservi leur cause ces dernières années? Un accord a été signé au Caire en octobre dernier entre les deux parties, pour la mise en place d'un gouvernement d'union nationale. Or, le Hamas refuse de désarmer ses milices et les remettre à l'Autorité autonome palestinienne faisant obstacle au retour à l'unité des Palestiniens. Dans ce capharnaüm meurtrier, ce sont encore les peuples de Syrie, d'Irak, du Yémen, de Somalie, de Libye, de Palestine qui chaque jour paient le prix du sang. Le Monde arabe est ainsi retombé, peu ou prou, dans le Moyen âge, quand au Liban, en Irak, au Yémen des guerres confessionnelles et/ou ethniques confinent à des guerres de religion. Cela a été possible du fait que les dirigeants arabes sont tombés dans le piège d'«amis bien intentionnés» allant au-devant des desiderata de ceux qui ont mis, mettent, de l'huile sur le feu. L'Irak a bien évincé de son territoire le groupe terroriste Daesh, la Syrie sur le point de gagner la guerre contre les armées de mercenaires «jihadistes» et rebelles, commanditées de l'étranger, mais cela ne règle les problèmes ni de l'un ni de l'autre. En Irak comme en Syrie, des troupes étrangères stationnent sur leurs territoires d'ou, c'est le cas de la Syrie, ils ne sont pas prêts de lever le camp. De fait, le ministre états-unien de la Défense, James Mattis, a laissé entendre récemment que les troupes US en Syrie ne sont pas prêtes à décamper. Ce qui équivaut à une occupation de fait. Dans les territoires palestiniens occupés alors même que l'Etat palestinien est en stand-by, immobilisé par Israël, les deux principaux mouvements de résistance, le Fatah et le Hamas, se faisaient la guerre, les seules victimes étant encore les populations palestiniennes soumises, par ailleurs, au blocus et aux exactions israéliennes. Alors que du sang arabe coule en abondance dans une dizaine de pays arabes, les (dirigeants) Arabes observent un mutisme suspect et la Ligue arabe semble regarder ailleurs alors qu'il est de ses prérogatives de faire arrêter la fitna qui ébranle les assises du Monde arabe. Faut-il relever que ladite Ligue arabe a donné son onction à la destruction de la Libye en 2011, qu'en guise de soutien à la Syrie, elle l'a exclue en 2012 de ses rangs? Notons également que les Arabes sont absents des institutions telles que le Quartette pour le Proche-Orient censé trouver une issue au conflit israélo-palestinien. Les Arabes sont également peu impliqués dans les contentieux concernant des nations arabes (Syrie, Irak, Somalie, Libye...) ou, au mieux (au pire?) ils jouent les supplétifs d'une coalition internationale menée par les Etats-Unis pour lutter contre d'autres Arabes. Dans le même temps Riyadh crée sa propre «coalition» pour mener la guerre au Yémen, le pays le plus pauvre et le plus démuni de la planète Démissionnaires de leurs responsabilités envers leurs peuples, absents dans leur propre espace géostratégique, les (dirigeants) Arabes laissent aux Etats-Unis le soin de résoudre des problèmes qui sont d'abord les leurs, étant les seuls en fait à pouvoir leur trouver les solutions qu'ils réclament. Plongé dans un passé obscur, le Monde arabe ne semble pas prêt à revenir dans son présent.

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