L'an des scenarii

Les Algériens se réveillent mollement d'une soirée de Nouvel An après avoir enterré- avec faste et joie- une année 2017 qui donnait l'impression de s'étirer par dilatation. Enfin 2018 avec ses curiosités, ses surprises et ses échéances! Si jusque-là, les Algériens n'ont été rudoyés et secoués que dans le discours politique, l'impact économique ne se fera peut-être sentir que dans les prochains mois. Si au plan social, le gouvernement promet aux citoyens de leur épargner les douloureux chocs économiques, au plan politique en revanche, le spectacle ne manquera pas d'être époustouflant. D'ailleurs, 2018 sera l'année des scénarii par excellence. Serions- nous alors, face à ces illustres batailles présidentielles, aux grands coups de sabre, où le sens du verbe et le goût des postures martiales sont de rigueur! L'Algérie, qui parachève sa construction démocratique, peut prétendre à de pareils spectacles politiques. N'a-t-elle pas traversé la tempête du...printemps arabe sans chavirer un instant, en organisant coup sur coup des législatives en mai 2012, puis des élections locales? Et pour confirmer, elle récidive en organisant à temps des législatives le 4 mai 2017 dernier, puis des locales le 23 novembre de la même année. Ces scrutins n'étaient certainement pas parfaits, mais ils ont le mérite d'être organisés à temps et dans les délais. Mieux, les opérations de vote se sont déroulées dans une parfaite sécurité. Deux éléments qui attestent de cette évolution de la construction démocratique en Algérie. Au-delà de la situation économique contraignante comme c'est actuellement le cas dans tous les pays pétroliers, le climat politique est plutôt incitatif. A mesure que le temps s'égrène, l'échéance présidentielle de 2019 approche à grands pas. Dans l'ombre, ils sont nombreux à caresser le rêve d'un destin national. Si jusque-là, ils ont refusé, par tactique, de sortir de l'ombre, ils le feront incessamment et pour certains avec fracas. On doit s'attendre donc à des chocs politiques violents. L'opposition ne manquera pas de matière et de sujets pour développer un discours cohérent à même de stabiliser sérieusement un pouvoir pris dans un double engrenage. Celui d'assurer une paix sociale dans un contexte de grande fragilité financière. Un véritable dilemme que celui de ménager la chèvre et le choux. Mais en matière de scénarii pour la présidentielle d'avril prochain, il faut compter sur l'expertise du système algérien. Il garde intacte sa capacité manoeuvrière. Sa besace regorge de surprises. Il a surtout le choix des armes qui ne demandent qu'à être actionnées. Des nouvelles technologies, des télévisions et une presse écrite pétillante et foisonnante à son service.