Accueil |L'Editorial |

The moment of american truth

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font

Trump sera-t-il le deuxième président US, après Harry Truman [en mai 1945], à frapper un pays étranger avec la bombe atomique? L'hypothèse n'est pas à écarter eu égard aux menaces de Trump de réduire en cendres la Corée du Nord. Point de subtilité chez le milliardaire qui agit instinctivement, à l'encontre de ses prédécesseurs qui prenaient la précaution d'enrober leurs dispositions agressives sous le couvert de recherche de la paix. «La paix c'est la guerre!» assurent-ils uniment. Cela a été le leitmotiv des Etats-Unis qui ont rompu avec leur politique de non-intervention, hors de leurs frontières (doctrine Wilson, 1912-1919). Ils sortirent ainsi de leur splendide isolement à la fin du XIXe-début du XXe siècle. Ainsi, dès 1898 les Etats-Unis firent le «ménage» dans leur environnement géopolitique. Ils firent notamment la guerre à l'Espagne (1898) récupérant ses colonies des Caraïbes (entre autres Cuba) et de l'océan Pacifique (les Philippines). Après la Seconde Guerre mondiale les Etats-Unis prirent la relève des empires moribonds britannique et français, imposant l'impérialisme yankee. Ainsi, de la guerre de Corée (1950-1953) à la guerre en Afghanistan (depuis 2011) en passant par les guerres au Vietnam (1955-1975), en Irak (depuis 2003), en ex-Yougoslavie (1991-2001), au Kosovo (1998-1999), les opérations musclées en Somalie, au Soudan, en Amérique latine (Cuba, Panama, Grenade, Chili), les Etats-Unis - si l'on excepte les guerres coloniales - ont été le pays qui a le plus usé de la force de sa puissance militaire et financière pour prescrire leur fameux «American way of life». «Nous luttons pour le principe d'autodétermination. Le peuple sud-vietnamien devrait pouvoir choisir sa propre destinée» expliquait le président Lindon B. Johnson (1963-1969) alors que l'armée états-unienne lança des tonnes de bombes sur le Vietnam occasionnant des dizaines de milliers de morts de civils. «De tels Etats et leurs alliés terroristes constituent un axe du mal s'armant pour menacer la paix dans le monde. Ce sont des barbares, au service du mal, qui vénèrent le mal. C'est une gigantesque lutte du bien contre le mal. Mais le bien l'emportera» dixit George W. Bush, (2001-2009), qui a envahi l'Irak, l'accusant de posséder des armes de destruction massive (ADM). Allégation qui s'est avérée fausse par la suite. Mais le mal est fait. Ronald Reagan (1981-1989) n'hésita pas à bombarder Tripoli en 1986, occasionnant entre autres la mort d'une fille du guide libyen. Le même hôte de la Maison-Blanche fustigea le président panaméen Manuel Noriega «homme lié à la drogue» kidnappé au Panama en 1989 et emprisonné aux USA. Noriega a été l'homme de la CIA, dirigée par un certain George Bush Senior, (président de 1989 à 1993) qui lança en 1990 la première guerre contre l'Irak. Par une propagande sophistiquée et efficace, les dirigeants états-uniens ont manipulé les faits et la réalité pour justifier les guerres et convaincre leurs compatriotes de leur nécessité pour maintenir la prépondérance états-unienne. Si les pays ou les présidents US promouvaient la guerre, changeaient, le discours, lui, demeurait constant, que l'hôte de la Maison-Blanche soit un républicain ou un démocrate, le principe reste le même: la nécessité de la «guerre pour avoir la paix». Axiome martelé au long du XXe siècle, depuis les prémices de la Grande guerre de 1914-1918 aux diatribes de Trump en 2017 contre la Corée du Nord. «Nous ne cherchons pas à provoquer la guerre», L.B Johnson, «Les Etats-Unis ne déclenchent pas les hostilités» R. Reagan, «Les Etats-Unis ne cherchent pas les conflits» George W.H. Bush, «Je n'aime pas recourir à la force militaire» Bill Clinton, «Notre Nation se lance dans cette guerre à contrecoeur» George W. Bush. Ces cinq présidents états-uniens ont été chacun le promoteur d'une guerre, bien sûr, au «nom et pour la paix» pour la «liberté et la démocratie». Et Johnson de résumer pour tous ses pairs US «Notre cause de liberté, de compassion et de bonne entente». Tout est dit. Il faut donc y croire. Plus vertueux que les Etats-Uniens tu meurs! Même John F. Kennedy y est allé de ses convictions, assurant que le «destin» des Etats-Unis est de «diriger le monde». Sans état d'âme, Truman, Johnson, Nixon, Reagan, Bush Sr, Clinton, Bush Jr ont trouvé les mots pour justifier le meurtre (de centaines de milliers) d'hommes, de femmes et d'enfants. Aussi, bombarder des villes, détruire des villages, contraindre des milliers de personnes à l'exil devient un acte de bonté, surtout lorsque cela se fait à partir du ciel avec un risque zéro. «Nul qu'il soit ami ou ennemi ne devrait douter de notre profond désir de paix» Bush Senior. Oui, la paix des cimetières! Des antiennes qui cachent une vérité:les Etats-Unis sont le pays qui a causé le plus de morts dans le monde lors du XXe siècle et menacent d'entamer le troisième millénaire par une guerre nucléaire. C'est celle-là l'«Amérique» de la «paix» et de la «démocratie».

Suivez ces commentaire via le flux RSS Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha