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Danger "protesta"!

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Les dernières manifestations en Iran, ne semblent ni innocentes ni aussi naturelles que le disent les médias occidentaux. Les soudaines manifestations de colère et leur prise en charge sélective font douter quant à leur spontanéité. Certes, il est manifeste qu'au départ les protestas en Iran, ou ailleurs, ont été légitimes, répondant aux inquiétudes de populations préoccupées par les incertitudes économiques que vivent leurs pays. Ce qui fait problème, est la manière avec laquelle les médias occidentaux ont abordé et abordent encore en analysant les évènements, connotés politiquement, en sus de la promptitude avec laquelle les Etats-Unis convoquent le Conseil de sécurité. Ainsi, en maintes occasions Washington a tenté de faire d'un problème interne une question internationale, voire de «survie» de peuples. En fait, ces dernières années, les «manifestations de masse» sont devenues un axe de la géopolitique mondiale du fait des manipulations dont elles font l'objet. Ainsi, ces «protestas» - spontanées ou suscitées - ont joué depuis la «révolution orange» en Ukraine, un rôle crucial dans le démantèlement de régimes n'entrant pas, ou plus, en phase avec le «nouvel ordre» que l'Occident veut édifier. Les protestas populaires, légitimes en soi, ont été toutefois infiltrées, notamment par la CIA, qui les a transformées en armes redoutables contre certains pays, entraînant désordres, cycles de turbulences violentes (ex-pays communistes de l'Europe de l'Est), guerres civiles (Libye, Syrie...). Or, lorsque ces manifestations ne sont pas spontanées, elles ont été attisées, voire organisées par la CIA (c'est le cas des dites «révolutions de velours» en Europe de l'Est). Ce qu'il faut relever est le fait que le Conseil de sécurité est devenu un instrument, voire de facto un élément agissant dans les manipulations qui ont induit des guerres civiles, en particulier en Libye (résolution 1973 du 17 mars 2011, soi-disant pour «protéger» le peuple libyen). Or, au regard du droit international, cette résolution - instaurant une zone d'exclusion aérienne et des frappes sur la Libye - est illégale. Cette résolution a donné à l'Otan [alliance atlantique, que d'aucuns dénoncent désormais en tant qu'«Organisation terroriste anti-Nations»] à la France et au Royaume-Uni d'attaquer la Libye avec les conséquences que l'on sait. A l'époque (le 17 mars 2011) Peter Wittig ambassadeur d'Allemagne à l'ONU avait mis en garde sur «la possibilité de pertes humaines à grande échelle [qui] ne doit pas être sous-estimée. Si les étapes proposées sont inefficaces, nous voyons le danger d'être pris dans un conflit militaire prolongé qui affecterait la région entière». La suite lui donne entièrement raison avec le chaos qui détruit la Libye depuis bientôt sept ans. La Chine et la Russie - qui se sont abstenues lors du vote de la résolution 1973 - ont été piégées dès lors que l'abstention a été considérée comme une acceptation par les pays qui voulaient se débarrasser - à n'importe quel prix, y compris celui d'une guerre - du guide libyen, Maâmar El Gueddafi. Le même scénario a été utilisé contre la Syrie, toujours avec l'objectif de «protéger» le peuple syrien. Toutefois, avertis par l'expérience libyenne, Moscou et Pékin ont opposé leur veto. Les Etats-Unis ont encore récidivé, jeudi dernier, en convoquant le Conseil de sécurité, utilisé comme «soutien» à leur programme de déstabilisation de pays qui refusent la vassalisation. En fait, depuis la chute du bloc communiste et l'avènement du pouvoir unipolaire états-unien, Washington a fait maintes tentatives de mettre le monde sous sa domination exclusive définie par les Etats-Uniens comme étant le «nouvel ordre mondial». (NOM). Le «new world order» (NWO) explicité par George Bush Sénior dans les années 1990, au sortir de la première guerre du Golfe qui utilisa pour la première fois ce terme de «new world order». Jouant les supplétifs, à défaut d'être dans le secret des «Dieux», le président français, Nicolas Sarkozy, en 2009 [deux ans avant les frappes françaises contre la Libye en 2011] reprenait à son compte ce leitmotiv du «NOM», lors de la présentation de ses voeux de Nouvel An au corps diplomatique étranger à Paris, assurant: «Nous irons ensemble vers le nouvel ordre mondial, et personne, je dis bien personne, ne pourra s'y opposer.» Sous-entendant que personne n'a d'autres choix que ceux faits pour eux. De fait, ces dernières années les principaux dirigeants états-uniens ont mis en avant cette antienne soutenant qu'il fallait «façonner le monde à l'image des Etats-Unis 'Shape the world''». Dès lors, les manifestations populaires se sont mutées en vrai danger dans les contrées à «réformer» ou à «façonner» selon l'expression usitée, prétexte approprié à une ingérence dans les affaires intérieures de pays étrangers, voire à une intervention militaire des Etats-Unis et de leurs alliés britanniques et français. Manifester est ainsi devenu périlleux. Attention danger!

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