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"Trous d'air" dans l'aviation française qui a intercepté un Boeing d'Air Algérie

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Cocorico! Les Français peuvent être rassurés, «L'année 2018 était à peine commencée que l'Armée de l'air démontrait une nouvelle fois qu'elle veille en permanence sur la sécurité de l'espace aérien national». C'est ainsi que commence le texte publié sur le site Internet du ministère français de la Défense. Fallait-il faire état de cette «prouesse»? Oui, car l'armée française s'exprimait sur un événement qui avait eu lieu la veille. 24 heures de réflexion ont été nécessaires pour rendre publique cette «performance». Mais de quel événement s'agit-il? Alors qu'un Boeing 737 d'Air Algérie assurait la liaison Constantine-Lyon, mardi dernier, un avion de chasse de l'armée de l'air française a décollé pour l'intercepter. Le motif invoqué est que l'avion algérien «a cessé de répondre au contrôle aérien français». Il fallait donc immédiatement prendre en chasse l'avion «muet». «L'interception...a eu lieu à une altitude de 32000 pieds à la verticale de la ville d'Orange (France) à 11h26» a précisé l'armée française. Notez la précision de l'heure car dans le même texte, l'armée française avait commencé par avancer que cela s'est passé à 11h45. Dans ce genre d'opération les secondes comptent et lorsqu'on se trompe de 19 minutes cela n'est plus une «prouesse» mais installe plutôt le doute. Ensuite, l'armée française nous apprend qu'au moment de l'interception «l'appareil (d'Air Algérie. Ndlr) avait repris contact avec les contrôleurs civils de Marseille, quelques minutes plus tôt, mais la mesure de police du ciel a été maintenue». Mais pourquoi l'avion «muet» a-t-il repris ses communications avant l'arrivée de l'avion de chasse? Tout simplement parce qu'un «avion d'une compagnie aérienne étrangère opérant dans le même espace a contacté notre équipage sur la fréquence de secours lui demandant d'entrer en contact avec le contrôle aérien français» a précisé, jeudi soir, le chef de division des affaires générales d'Air Algérie, M. Reda Toubal Seghir. Voilà comment et pourquoi «la reprise des communications a eu lieu avant l'arrivée de l'avion militaire français». Primo, on comprend mal comment un avion commercial d'une compagnie étrangère a pu savoir que le contrôle aérien français cherchait à entrer en contact avec l'avion d'Air Algérie? Deuxio, comment ce même avion commercial étranger a-t-il pu joindre très facilement l'équipage algérien alors que le contrôle aérien français affirme n'avoir pas pu établir le contact? De plus et en pareil cas «le Centre de contrôle des opérations d'Air Algérie (CCO) n'a jamais reçu d'appel de la part du service aérien civil ou militaire pour lui signifier ou l'informer d'une perte de communication avec ce vol», a tenu à préciser M. Toubal Seghir. Mais puisque l'armée française affirme qu'il s'agit d'un «manquement» de l'équipage algérien, Air Algérie «a demandé la transcription des messages radios entre l'avion (algérien, Ndlr) et les services de contrôle aériens (français. Ndlr). Ce qui permettra de situer les éventuelles défaillances d'un côté comme de l'autre». Toute dérobade à cette demande, confirmerait que l'interception n'était pas justifiée. Juste, peut-être pour «fanfaronner». D'ailleurs le titre du texte publié par l'armée française qui est «L'Armée de l'air veille 24h/24 sur la sécurité de l'espace aérien national» s'écarte de la perte de contact d'un avion. Ce qui ressemble plus à un «cocorico». Sauf si la transcription demandée est fournie et publiée!

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