L'APC d'hier, c'est fini

Nouvelle page. Dorénavant, les maires d'Algérie devront compter sur eux-mêmes. Ils devront gérer leur commune avec ses propres ressources. Ceux qui veulent mettre toutes les chances de réussite de leurs côtés doivent impérativement libérer les initiatives. C'est l'une des principales annonces faites, jeudi dernier, par le président de la République dans son message aux présidents d'APC et d'APW réunis pour la circonstance. Les textes sont en préparation. On sait déjà que le Code communal et le Code de wilaya seront réunis dans le projet de loi relative aux collectivités territoriales. C'est le ministre de l'Intérieur, Nour-Eddine Bedoui, qui l'a annoncé en juillet dernier. Quant au contenu du projet de loi, celui-ci est déjà cadré. «J'ai veillé à ce que la Constitution intègre, entre autres, le droit de la commune à accéder à des ressources propres, suffisantes lui permettant d'assumer ses charges, notamment celles induites par le transfert de nouvelles prérogatives» a précisé le chef de l'Etat, Abdelaziz Bouteflika, dans son message à ces élus locaux réunis jeudi dernier. Il faudra donc aller de l'avant et mettre aux archives de l'histoire le premier Code communal du 18 janvier 1967. Et si les maires ont choisi le 51ème anniversaire de ce Code pour se réunir, cette date sera désormais consacrée «Journée nationale de la commune». Ainsi en a décidé le président de la République. Une journée pour les évaluations, les échanges, les suggestions, etc. Une étape pour voir ce qui a été fait et ce qui devra être corrigé. Ceci dit, le changement est radical dans la vie de nos collectivités territoriales. Après avoir salué les avancées enregistrées dans la modernisation de nos APC, et notamment l'informatisation dans la délivrance de divers documents, le chef de l'Etat n'hésite pas à dire que «beaucoup reste à faire... pour lever toutes les complexités bureaucratiques». Il demande aux élus «d'élargir leur vision», de se débarrasser des faux problèmes pour consacrer leur AG aux «questions essentielles». Il s'agit également pour les collectivités d'adopter de «nouvelles techniques de gestion intelligente». Il prône même «la solidarité locale». C'est-à-dire qu'une commune riche peut aider financièrement une autre commune moins riche. D'autre part, une révision de la fiscalité et des finances locales est en cours d'élaboration. Les impôts directs et indirects laisseront place à un code unique qui rassemblera tous les impôts et taxes dus aux collectivités locales. On voit bien se dessiner le nouveau profil de nos mairies. Le premier lieu de la démocratie participative. La cellule de base de l'édifice institutionnel du pays. Le lieu où sera libérée l'initiative. Ce qui suppose beaucoup d'efforts et d'engagement de la part des élus. Ainsi que de leurs formations politiques. Pour qu'enfin, diriger une commune ne soit plus résumé aux «affaires courantes» et à la réfection des trottoirs. C'est un véritable entrepreneuriat communal qui se met en place. Un véritable challenge pour chacune de nos 1541 communes!