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Une histoire d'économie dites-vous?

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La conversion du parc automobile national au gaz propane liquéfié carburant (Gplc) semble s'imposer comme une option incontournable pour le pays à plus ou moins court terme. Les chiffres, pas vraiment impressionnants, annoncés par l'entreprise chargée de relever le défi, sont censés traduire la volonté des plus hautes autorités du pays de passer sérieusement à l'ère du carburant propre. L'objectif est peut-être environnemental, mais pas seulement. Le pays entend certes, remplir sa part dans la lutte contre le réchauffement climatique, mais dans la foulée, l'objectif assumé par les pouvoirs publics consiste à faire de substantielles économies en devises.
Donc le bénéfice est double et le moyen d'y parvenir est identifié. Il s'agit de convaincre les automobilistes à s'équiper de ces fameux réservoirs spéciaux qui encombrent les coffres des voitures, mais qui sauvegardent quelque peu le pouvoir d'achat des Algériens, tout au moins dans leurs dépenses d'énergie.
Jusque-là, il n'y a aucun souci. D'ailleurs, de l'aveu même des responsables de Naftal, les demandes de citoyens pleuvent au point de saturer les capacités de traitement de l'entreprise. On peut donc présumer que les choses vont vite et bien, sauf que le «monde du Gplc» ne s'arrête pas aux bonbonnes de gaz et au désir des automobilistes de réduire leur facture de carburant. Dans l'opération Gplc, il y a les centres enfûteurs. Ces petits complexes où le carburant est censé être stocké pour son dispatching sur les stations-service. Et puis, il y a bien entendu aussi, ces stations-service. Y en a-t-il en nombre suffisant pour prendre en charge une demande qui progressera de manière exponentielle, si l'on tient compte de l'ambition de Naftal et des pouvoirs publics? C'est en répondant à cette question que les cadres de l'entreprises chargée de piloter l'opération Gplc peuvent évaluer le succès de la démarche.
Il n'est certes pas admis de répondre à la place des ingénieurs et administratifs de Naftal, mais si l'on considère que l'infrastructure destinée à supporter une forte demande existe, pourquoi donc les unités d'assemblages d'automobiles installées en Algérie ne sont-elles pas invitées à fournir à leurs clients l'option Gplc, sans que cela n'impacte le prix du véhicule? La réponse à cette autre question est on ne peut plus simple: on ne le leur a pas dit.
En fait, dans cette histoire de Gplc, il y a maldonne ou tout au moins, une absence de coordination un peu trop évidente. On a la nette impression que la conversion de l'essence au Gplc n'est pas l'affaire de tout le gouvernement. On confie l'opération de traiter 500.000 véhicules à l'horizon 2021, à une entreprise du secteur de l'énergie et on oublie qu'il est très possible d'équiper d'entrée plus de 200.000 véhicules annuellement à partir de 2020. Une petite addition nous ramènerait à près d'un million de véhicules traités à la même échéance. Naftal espère faire une économie d'un peu plus de 2 milliards de dollars à l'horizon 2030. Et dire que le pays peut pousser ce chiffre jusqu'à 6 milliards de dollars. Il suffirait de dire à Renault, Peugeot, Hyundaï et consorts de fabriquer des véhicules qui roulent au Gplc. Ce n'est pas si compliqué!

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