Israël s'en prend aux chrétiens

Loi du talion. «Cela nous rappelle toutes les lois de même nature qui ont été appliquées aux juifs durant les heures sombres de l'Europe» ont déclaré, hier, les responsables chrétiens qui ont pris la grave décision «sans précédent» (les médias occidentaux préfèrent le mot «rare») de fermer l'église du Saint Sépulcre à Jérusalem-Est. Cette église est le plus important symbole de la religion chrétienne. Elle renferme le tombeau du Christ. Un million de fidèles s'y rendent chaque année. Cette fermeture intervient en signe de protestation contre le gouvernement israélien qui veut taxer fortement «les propriétés des églises» qu'il considère comme «commerciales». Pour les responsables chrétiens cette fiscalité ouvre la voie à «l'expropriation des terres des églises». Pour ces mêmes responsables, il n'y a aucun doute que cette imposition n'est rien d'autre qu'une «tentative d'affaiblir la présence chrétienne à Jérusalem». Quand on sait que Jérusalem-Est (où se trouve l'église qui vient d'être fermée) est un territoire palestinien occupé avant d'être annexé par Israël. Toute la communauté internationale considère illégale cette annexion. L'Etat hébreu n'en a cure. Au contraire, cette «imposition» considérée par les responsables chrétiens comme un acte «odieux» ressemble trop à une répression contre les chrétiens qui, en plus «des heures sombres» de l'histoire, ne reconnaissent pas cette annexion. Et, plus grave encore, ont reconnu l'Etat de Palestine et la solution à deux Etats. Cet événement exceptionnel et historique a été traité a minima par tous les médias occidentaux. Ils ont tous utilisé, à la virgule près, le même texte. Un texte qui, au passage, a édulcoré les mots qui fâchent. «Sans précédent» a été changé par «rare». «mesure fiscale» a été changé par «collecte d'impôt». La pensée unique dans toute sa splendeur chez les chantres de la démocratie et de la liberté d'expression. Il s'agit, tout de même, du premier lieu saint de la chrétienté pour plus de 2 milliards de fidèles. Une telle fermeture aurait mérité mieux qu'une simple dépêche. On a failli dire tract reproduit à l'identique par tous ces destinataires. C'est dire le gros fil à la patte qui retient les médias internationaux. C'est dire aussi qu'il y a lieu de douter que parmi tous ces médias aucun n'appartient à des chrétiens. De deux choses l'une: ou bien «les heures sombres» de l'histoire continuent de hanter les Occidentaux et donc laissent faire? Ou alors il s'agit, pour ces médias, de ne pas prêter le flanc à la provocation sioniste et faire le dos rond. Dans les deux cas, Tel-Aviv avancera de plus belle ses pions contre la chrétienté. Il suffit d'avoir en mémoire l'appel «à brûler les églises et les mosquées» lancé, en août 2015, par le leader, Gopstein, d'un groupe qualifié d'extrémiste en Israël. Pour les mosquées c'est déjà fait et personne ne s'en cache. Pour les églises c'était, jusque- là, plus feutré. Depuis hier, le voile est tombé. Qui s'en étonnera?