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Ils ont dit non

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Le Cnapeste et le Camra n'ont finalement pas réussi à forcer la main au gouvernement. Le premier voit sa grève finir en queue de poisson, pendant que ses cadres ne sont pas parvenus à trouver un terrain d'entente, plus de 24 heures après l'ouverture de leur conseil national. Le second syndicat a repris langue avec le ministère et semble moins «coincé» qu'avant, avec, en prime, un début d'optimisme quant à l'arrêt probable du débrayage qui dure depuis trop longtemps.
Ces deux grèves, qui ont défrayé la chronique, ont ceci en commun, c'est qu'elles ont vu le jour au moment même où le compte à rebours pour la prochaine élection présidentielle avait été enclenché. Il était difficile de ne pas voir une forme de «concomitance», dans ces mouvements de protestations, entre le syndicalisme et la politique. Plus qu'une impression, en fait, à voir l'évolution du «mode opératoire» de l'organisation des résidents qui a tout fait pour mettre son conflit avec sa tutelle sur la place publique. Et quelle place publique! Les médecins grévistes ont accompli, disent pas mal de politiques, le «miracle» de marcher à Alger. Comme si l'objectif du débrayage n'était pas la satisfaction de revendications, mais braver l'interdit et casser la décision prise par
le gouvernement Benflis, en 2001.
Les résidents, avaient-ils l'intention de donner un prolongement politique à leur mouvement? La réponse est manifestement «non» au regard du développement de leur actualité récente, appuyée par un discours limpide sur leurs intentions. La «précision» de nos hospitalo-universitaires s'est confirmée au fil du temps et s'est surtout confirmer lors du dernier round de discussions avec le ministère de la Santé. Faut-il révéler, à ce propos, que la composante de la délégation de grévistes, reçue au siège de la tutelle, a subi de sérieux changements. Les «éléments» considérés comme radicaux, car jusqu'au-boutistes, ont été écartés de la conduite du dialogue.
Au Cnapeste, les choses ont évolué autrement et les velléités idéologiques étaient trop visibles pour passer dans le cadre de la lutte purement syndicale. Le bras de fer entre ce syndicat et la ministre de l'Education nationale a tourné au «ridicule», tellement les animateurs du Cnapeste manquaient d'arguments recevables. Il a tout de même fallu beaucoup de temps pour que des cadres syndicaux s'aperçoivent de la manoeuvre et réclament un retour aux pratiques «conventionnelles» en matière de conflits sociaux. Sacrifier des milliers d'enseignants en les poussant au chômage ne fait pas partie de l'action syndicale. Le réveil de ces cadres a donné lieu à un débat au sein même de l'organisation sur les objectifs réels de la grève. Les enseignants ont deux choix: ou, ils acceptent la main tendue de la tutelle et réintègrent leurs postes, ou ils s'engagent dans un autre bras de fer d'où personne n'en sortira vainqueur.
Les enseignants, comme les médecins résidents, se sont rendus compte que le combat syndical a un début et une fin dans un Etat de droit. Ils ont vu la fin du syndicalisme et le début de l'agitation politique. Ils ont dit non.

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