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La journaliste algérienne, depuis quand?

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Témoignage. Demain, c'est le 8 mars. C'est la fête de la femme. Dans le monde en général. Nous nous intéresserons pour cette fois à la femme algérienne. Nous n'allons pas revenir sur tous les aspects qui ont concouru au développement de la condition féminine dans notre pays. Des moudjahidate qui ont ouvert la voie de l'émancipation, dès l'indépendance, à la femme algérienne. Et qui depuis ne cesse de gagner du terrain.
Après l'éducation, la santé, la justice, l'Algérienne occupe de plus en plus d'espaces dans la vie active. Dans l'espace politique où 30% de nos parlementaires sont des femmes. Dans l'espace économique où les femmes entrepreneuses sont de plus en plus nombreuses. Etc. etc. Mais qu'en est-il du journalisme? Ou plutôt de la femme journaliste? Son histoire? C'est l'occasion d'en parler. Il faut savoir qu'à l'indépendance, le journalisme était exclusivement une profession masculine. A une ou deux exceptions près. Et sans confondre les présentatrices tv, comme Amina Belouizdad et toutes celles qui l'ont suivie, il y a eu une toute petite poignée de journalistes femmes dans la première étape de la presse algérienne qui a duré deux décennies (1962-1980). Comme journaux, il y avait Le Peuple, devenu en juillet 1965 El Moudjahid en langue française et El Chaâb en langue nationale. En septembre de cette même année a été créé l'hebdomadaire en langue française Algérie Actualités.
Pour l'équilibre, le FLN avait décidé d'éditer un hebdomadaire en langue nationale avec pour titre El Moudjahid. Le même que le quotidien en français. En ajoutant les trois Radios (Chaînes 1, 2 et 3) et l'unique chaîne télé ainsi que l'agence APS, on ne comptait pas plus de quatre ou cinq Algériennes journalistes dans tous ces médias. Citons de mémoire les noms de Fatiha Hadri, de Josié Fanon (la veuve de Frantz Fanon), Zhor Zerrari, Louiza Djedaidia, Mimi Maziz, Leïla Boukli, Baya El Hachemi, Nadjia Bouzegrane, etc. Il faut dire d'emblée tout le courage de ces femmes qui ont choisi d'être journalistes sachant qu'elles avaient à supporter le dur regard de la société algérienne. Le même que pour les artistes. Un regard dur et plein de sous-entendus que les Algériens portaient à ces deux professions. Dans l'imaginaire de notre société, les artistes et les journalistes étaient des dépravés. Difficile à vivre pour les hommes et encore plus pour les femmes. Voilà pourquoi, les quelques pionnières ont un immense mérite. Ce n'est qu'en 1985 avec la création des quotidiens du soir Horizons et El Massa, que les filles s'engouffrèrent en masse dans la profession. Il aura fallu cependant attendre l'avènement de la presse privée, en 1990, pour compter presque autant de femmes que d'hommes journalistes. L'ouverture des chaînes audiovisuelles privées ainsi que les radios publiques régionales sont venues, par la suite, consolider la place de la femme dans le métier de journaliste. Après toutes ces vagues successives, la femme journaliste est aujourd'hui pleinement à sa place, voire même majoritaire, dans un métier qui n'était réservé qu'aux hommes il y a seulement trois décennies. Félicitations à nos consoeurs!

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