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Pourquoi Bouteflika prône-t-il la "course au pouvoir"?

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Du nerf! Dans son dernier message à l'occasion du 19 Mars, fête de la Victoire, le président Bouteflika s'en est pris, sans ménagement, au personnel politique. «La scène politique doit connaître une diversité, une confrontation de programmes et une course au pouvoir» a-t-il déclaré. On connaissait la diversité et ses bienfaits, on connaissait l'importance des programmes et leur rareté, mais rien, absolument rien de «la course au pouvoir». Même si cela fait partie, universellement, des raisons existentielles des partis politiques, l'entendre dire du président Bouteflika à une année de l'élection présidentielle de 2019, ne peut laisser personne indifférent. Bien sûr, les interrogations ne manquent pas autour de cet appel «à la course au pouvoir». Il y a forcément un message dans cette «sortie» du président de la République. Sachant qu'aucun candidat, qu'il soit de l'opposition ou de la majorité, ne pense avoir de chances si le président Bouteflika décide de briguer un nouveau mandat, on peut traduire le message présidentiel par «un appel à l'ouverture de la course au pouvoir». Manière diplomatique de dire «je ne serai pas candidat». D'autant qu'un autre signe conforte cette idée. Le travail de recensement de toutes les réalisations inscrites aux différents programmes du président Bouteflika depuis 1999 et effectuées à travers les 48 wilayas sur instruction du SG du FLN, Djamel Ould Abbès, prend l'allure d'un bilan qui, comme chacun le sait, clôture toujours un exercice. D'ailleurs, Djamel Ould Abbès parle depuis peu d'un «candidat du FLN qui sera connu en temps opportun». Le mot «réélection» n'est plus utilisé. Ce qui n'est pas sans raison. A cela s'ajoute l'interview du président Bouteflika au groupe britannique d'expertise économique, Oxford Business Group, où il évoque le développement économique de l'Algérie entre 2020 et 2030. Ce qui est l'équivalent de deux mandats présidentiels à venir. Croire par là que le président Bouteflika suggère qu'il se représentera encore deux autres fois, ne paraît pas très évident. Par contre, qu'il agisse ainsi pour conseiller et orienter son futur successeur est plus que plausible. Même le timing choisi, laisse le temps nécessaire pour intégrer et adapter ce «développement décennal» dans une «confrontation de programmes» comme le souligne le président de la République dans son message. Ce qui ne semble pas avoir échappé à Ould Abbès qui précise que le FLN «s'y prépare dès à présent». Il n'est pas exclu, cependant, que cette interprétation du message soit erronée. Mais tout porte à croire que «la course au pouvoir» recommandée par le président Bouteflika soit le signal d'une élection présidentielle de 2019 sans la candidature du président sortant. Le seul problème des autres candidats sera d'obtenir une large majorité lors du scrutin. Bouteflika a placé la barre trop haut!

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