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La France déçue de la macromania

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Le 7 mai 2017, la France accueillait avec entrain et espoir une figure totalement nouvelle de la politique en la personne d'Emmanuel Macron, élu président après un incroyable scénario de dynamitage des partis traditionnels renvoyés à leurs chères études. Porté par un enthousiasme à la mesure de ses promesses de campagne, voilà qu'un an plus tard, la déception transcende les éléments de langage pour s'attacher aux faits. Lénine disait que ceux-ci sont têtus et l'opportunisme qui a accompagné un esprit novateur ne séduit plus autant. LAREM, sa mouvance créée sur la base d'une récolte à droite et à gauche et dont les «déçus de l'opportunisme» se retirent peu à peu, peine à convaincre dans le porte-à-porte, en prévision des élections européennes qui seront un test majeur en 2019. Car le macronisme n'a pas tenu, du moins pas encore, ses promesses. Au contraire, dans certains domaines, il semble avoir, même, floué les attentes de vastes pans de la société française. Lassés de l'impopularité, jamais égalée, de François Hollande comme de Nicolas Sarkozy, aux vies personnelles compliquées, les électeurs ont fait un rêve avec Emmanuel Macron et, maintenant, ils se grattent la panse. Les petites catégories citoyennes souffrent tout autant qu'avant, sinon plus. Le président jupitérien est carrément plébiscité comme celui des riches, voire «des très riches» affirme son prédécesseur qui revendique, à juste titre, les maigres fruits d'une croissance chichement relancée et d'un taux de chômage autant en baisse. C'est donc aux démunis que les efforts et les sacrifices les plus tranchants sont réclamés et, là, les syndicats se rebiffent. Depuis plusieurs mois, la France vit au rythme de grèves de plus en plus dures que le gouvernement peine à gérer, tantôt droit dans ses bottes et tantôt apprenti sans-culotte. Même les médias, auxquels le macronisme doit énormément, sont, de jour en jour, plus sceptiques, à défaut d'être plus critiques, tant la communication peut abuser un temps, mais ne saurait le faire indéfiniment. Les mauvaises langues le crient, la droite a enfin trouvé son président. Elles se réfèrent en cela aux réformes du droit d'asile et de l'immigration ainsi que du Code du travail. Mais il n'y a pas que cela. 55% des Français jugent que la politique du président Macron «n'est pas bonne» et 46% qu'il est un président de droite. Et ils sont de plus en plus nombreux à rejeter les taxes qui plombent les bas revenus, comme les retraites, et favorisent sciemment les grosses fortunes. 76% en concluent que Macron est là «pour enrichir les riches». Les 16 millions de retraités sont carrément en colère contre lui alors que la Caisse nationale d'assurance vieillesse (Cnav) jongle avec les déductions, sanctionnant au passage une certaine catégorie de retraités, les Algériens non résidents, victimes, ces derniers mois, de blocages dus à un soi-disant retard dans la réception de justificatifs. Toutes les voies de recours étant verrouillées, exceptée celle de la justice, les Algériens subissent de plein fouet le fait du prince au motif que leur poste fonctionne mal. De fait, le pays commence à peine à respirer, grâce à la politique pugnace de François Hollande qui n'en aura pas récolté les fruits, aveuglé par certains «proches» tels que Valls en matière de déchéance de la nationalité, par exemple. Pourtant, avec 2% de croissance, la France est encore derrière le gros du peloton européen qui affiche 3% et plus, surtout que 14,2% de sa population vit au-dessous du seuil de pauvreté! Pour la «sixième puissance mondiale», il n'y a pas de quoi faire cocorico! Avec 10% de chômeurs en plus par rapport aux autres pays de la zone euro, le malaise est patent.
Grand voyageur devant l'Eternel - il a été en visite d'Etat chez Trump, en Inde, en Chine etc -, Macron accumule les milliards de dollars d'achat d'armement, notamment, les contrats ayant été presque tous négociés par son prédécesseur, mais les retombées sont invisibles pour la population française en général. Et les dépenses dues aux interventions en Syrie, au Mali et dans d'autres circonstances n'incitent pas à l'optimisme. Bien sûr, on est encore loin de l'échéance fatidique de 2022, mais, à poursuivre sur ce rythme, le président jupitérien court vers de tristes désillusions, lui qui promettait à ses concitoyens une présidence forte de sa jambe droite comme de sa jambe gauche et qui, un an plus tard, voit cette dernière claudiquer sérieusement.

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