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Divorce entre l'UE et les Etats-Unis

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Dépendance. Pour sa défense, l'Europe dépend des Etats-Unis. Cela on le savait déjà. On sait aussi que l'idée d'une défense commune européenne fait son chemin pour suivre ce qu'avait déjà fait le général de Gaulle en quittant l'Otan en 1966. C'est Sarkozy qui en 2009 a fait réintégrer la France à l'Otan. Ce que tout le monde savait moins est cette dépendance économique de l'Europe vis-à-vis des Etats-Unis. Une fois passées les premières réactions du retrait américain de l'accord iranien annoncé, mardi dernier, par le président Trump, aujourd'hui, il est question des effets collatéraux de ce retrait. Ce dernier entraîne de facto le retour aux sanctions économiques qui existaient contre l'Iran avant la signature de l'accord en 2015. «Ceux qui font des affaires en Iran auront un délai pour pouvoir défaire leurs engagements. Ceux qui n'auront pas renoncé à leurs activités impliquant l'Iran à la fin de ce délai s'exposeront à de graves conséquences.» avait averti Donald Trump lors de son discours de mardi dernier. Le délai dont il parle est de 3 mois. Cet avertissement s'adresse tout autant à la France qui a beaucoup d'entreprises, notamment Renault, Total, Sanofi, PSA, etc. présentes à Téhéran depuis l'accord de Vienne qu'à l'Allemagne qui compte près de 10 000 entreprises qui ont des relations commerciales avec l'Iran dont plus d'une centaine, telles que Siemens et des constructeurs automobiles, ont leur siège à Téhéran. L'ambassadeur américain en Allemagne a froidement déclaré dans un tweet que «Les entreprises allemandes présentes en Iran doivent cesser immédiatement leurs activités». Ce qui a irrité les Allemands sans plus. Par contre les Français ne se sont pas gênés pour étaler leur colère. «Qu'est-ce que nous voulons être? Des vassaux qui obéissent le doigt sur la couture du pantalon à des décisions prises des États-Unis?» n'a pas hésité à déclarer, hier à la radio, le ministre français de l'Economie, Bruno Le Maire. Son collègue des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, lui a emboîté le pas pour ajouter qu'il «était temps que l'Europe passe des paroles aux actes en matière de souveraineté économique». Ce qui est plus facile à dire qu'à faire sachant que les transactions économiques internationales se font généralement en dollar américain. De plus, Il est difficile, pour ne pas dire impossible, de trouver des banques qui accepteraient d'accompagner les transactions irano-européennes. Mardi prochain, les ministres des Affaires étrangères français, allemand et britannique seront à Bruxelles chez leur collègue de l'UE, pour chercher la parade. Ils veulent affirmer leur «souveraineté économique». La veille, c'est-à-dire le 14 mai, ils seront confrontés à une autre décision américaine avec laquelle ils ne sont pas d'accord. Il s'agit du transfert de l'ambassade US de Tel-Aviv à Jérusalem qui aura lieu ce jour-là. Après le financement de l'Otan, le retrait de l'accord de Paris, de l'Unesco, celui du nucléaire iranien et le transfert de l'ambassade US, l'Europe ne cesse d'encaisser sans broncher. Angela Merkel résume la situation. «Le temps où l'on pouvait compter sur les Etats-Unis pour nous protéger est révolu. L'Europe doit prendre elle-même son destin en main» a-t-elle déclaré jeudi dernier. C'est le divorce!

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