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Palestine: 70 ans de solitude

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C'est en présence d'Ivanka Trum, la fille et conseillère du président américain, et de Jared Kushner, son gendre et conseiller qui est surtout un des grands argentiers de la colonisation des territoires palestiniens occupés par Israël, ainsi que de centaines d'autres responsables des deux pays, que le transfert de l'ambassade des Etats-Unis à El Qods a été effectué, hier. Décrété fin 2017, au mépris des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU et des protestations timorées de la communauté internationale, ce transfert vise à consacrer la souveraineté de l'Etat hébreu sur l'ensemble des territoires occupés, même si Trump prétend, en même temps, impressionner le monde avec une solution du problème palestinien pour laquelle il a mandaté Jared Kushner comme représentant spécial des Etats-Unis et principal négociateur entre Israël et l'OLP!
Alors qu'au même moment, l'armée sioniste tuait 52 manifestants palestiniens et en blessait 1 600 autres à Ghaza et en Cisjordanie occupée, les pays arabes répondaient par un silence assourdissant, et, à leur tête, le gardien des Lieux saints et celui qui préside le comité El Qods, preuve que depuis l'élection du président américain actuel, la politique brutale de Benjamin Netanyahu s'est imposée non seulement dans les territoires occupés, mais aussi au-delà, jusqu'à profaner la ville sainte de l'islam. Du coup, on se souvient du voyage du président Trump en Arabie saoudite où il reçut un accueil des plus chaleureux, avec sa fille Ivanka et son gendre Jared Kushner, emportant dans sa besace 480 milliards de dollars en guise de commandes de matériels de guerre indispensables à la coalition saoudienne, au Yémen. Il est significatif que, dans un tel contexte de meurtres et d'exactions sionistes, au su et au vu d'une communauté internationale impassible, on n'entend que la voix du président turc Recep Tayyip Erdogan qui a haussé le ton, hier, à partir de Londres où il effectue une visite officielle de trois jours, pour dire que les Etats-Unis ont perdu «leur rôle de médiateur» au Moyen-Orient.
Il semble que, Ankara mis à part, le peuple palestinien ne peut plus compter sur aucune autre capitale, quand bien même la Ligue arabe se soit manifestée pour convoquer une réunion, demain, consacrée au fait accompli. On tremble d'impatience et de curiosité pour savoir ce qui va sortir de son conclave et quelles décisions terribles vont être annoncées, de nature à donner à réfléchir à l'intransigeant Netanyahu. Trêve de plaisanterie, les Palestiniens meurent chaque jour, depuis le 30 mars dernier, date à laquelle ont commencé les manifestations de la Naqba, cette «Grande Marche du retour» à laquelle ils consacrent, dans la plus grande des solitudes, leur sacrifice ultime. Et toutes ces morts interviennent dans un silence de cathédrale, les pays qui sont à l'origine du drame palestinien paraissant, bon an mal an, porter le verbe de la raison en prônant une solution négociée alors qu'ils savent parfaitement que, jamais, au grand jamais, les sionistes n'ont eu l'intention de négocier quoi que ce soit et qu'à leurs yeux, seule la raison du plus fort reste toujours la meilleure! C'est bien le message qu'a délivré, sans détour, le candidat Trump, lors de sa campagne pour la conquête de la Maison-Blanche et cela, personne ne peut dire aujourd'hui qu'il ne l'a pas entendu.

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