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Pyongyang et le syndrome libyen

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Quarante-huit heures après la menace brandie par Pyongyang d'annuler le sommet Kim Jong-Un - Donald Trump le 12 juin prochain, à Singapour, la Maison-Blanche a effectué un rétropédalage spectaculaire en insistant, sourire contrit à l'appui, sur sa confiance dans le processus enclenché. Mieux, Trump lui-même s'est fendu d'un tweet pour annoncer qu'il gardait «le contact» avec le dirigeant nord-coréen et que les préparatifs du sommet allaient bon train, comme si de rien n'était.
Evidemment, sur ce terrain-là, la donne est toute différente, ne serait-ce que parce qu'Israël n'a aucun intérêt à faire prévaloir une chose plutôt qu'une autre. Auquel cas, le président américain a toute latitude pour naviguer en fonction des obstacles et parer, si nécessaire, à toute éventualité. Pourtant, il semble oublier que l'affaire du nucléaire iranien est archi présente à Pyongyang où l'on suit attentivement chacune des péripéties engagées par Washington. D'ailleurs, les autorités nord-coréennes qui ont passablement durci le ton au lendemain des exercices militaires annuels Max Thunder ont cru bon de souligner que leur pays «ne connaîtra pas le sort de la Libye» et que les «exigences» dont parlent tantôt Trump et tantôt Pompeo, le nouveau secrétaire d'Etat passé quelques années par la CIA, sont malvenues dans le processus de normalisation recherché. Les Etats-Unis qui sont maîtres dans l'art de souffler le chaud et le froid ont voulu calmer le jeu, affirmant la main sur le coeur, qu'ils n'ont nullement l'intention d'imposer à la Corée du Nord le modèle de désarmement imposé à la Libye dont le régime de Kim Jong-Un ne veut en aucun cas. Mine de rien, le Raminagrobis américain promet monts et merveilles à la souris nord-coréenne, pourvu qu'elle abandonne son arme atomique. Kim restera au pouvoir, son pays deviendra «très, très riche» à l'instar de son opulent voisin et il serait un interlocuteur agréé dans la région asiatique, voire dans le monde occidental. Mais la Libye incarne aux yeux du dirigeant nord-coréen un exemple préoccupant. Il pense que le désarmement n'est en réalité qu'une étape avant une sinistre aventure à l'irakienne ou à la libyenne, deux pays qui ont concédé sous les pressions leur passage par un désarmement complet et qui ont été dynamités quelques années plus tard. Aurait-il vraiment tort de s'interroger? Tout en excluant l'hypothèse, haut et fort, dans les allées diplomatiques, le conseiller de Trump, John Bolton, estime que le modèle libyen «pourrait être mis en place si on ne parvient pas à un accord». Quant au président lui-même, il répète à qui veut bien l'entendre que «le modèle libyen n'est pas du tout le modèle que nous avons en tête». Mais pourquoi dès lors se livrer à des manoeuvres militaires dans la péninsule, au moment où se profilent une embellie et la perspective d'une paix retrouvée, bien des décennies après la guerre de Corée? Et qui peuvent-elles viser d'autre que le pays rival de la Corée du sud? Une chose est sûre, et là ni Trump ni ses conseillers ne s'en cachent: on ne peut pas laisser, disent-ils, la Corée du Nord disposer de l'arme nucléaire. Et Trump himself d'ajouter qu'en cas d'accord sur la dénucléarisation, il fera en sorte que Kim Jong-Un soit «très, très content». A Pyongyang, le retour à la rhétorique habituelle marque cependant une nette défiance et le moral n'est plus au sourire de circonstance. Pendant ce temps, une centaine d'avions des deux pays hostiles s'entraînent sans faiblir, dont des avions de chasse furtifs américains F-22 Raptor, tandis que le président américain martèle en privé une litanie menaçante: «Si la rencontre a lieu, elle aura lieu, et si elle n'a pas lieu, nous passerons à l'étape suivante.»

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