Une tonalité belliciste

Mise en mode ralentie, l'activité partisane repartira sur les chapeaux de roue avec la fin de la parenthèse ramadhanesque. L´agenda politique national risque de s'emballer dans les tout prochains jours et il aura une tonalité belliciste qui lui sera imprimée par la prochaine élection présidentielle. On est certes à neuf mois de cette élection, mais une échéance de cette envergure et aussi décisive pour le pays se prépare maintenant. A ne pas en douter, les partis politiques ont mis à profit ce mois de Ramadhan pour fignoler leurs scénarii et échafauder leurs plans d'attaque respectifs. Il s'agira bien de plans d'attaque car on ne se fait pas de cadeaux à ce niveau de compétition. On ne cherchera pas à se faire aimer. Tel n'est pas le but. L'objectif essentiel consiste à flinguer l'adversaire sans pitié et sans état d'âme. Une balle suffit, de préférence avec un silencieux et au moment opportun. C'est un classique chez les adeptes de la truanderie en col blanc, c'est-à-dire la politique au sens froid du terme. La situation économique et financière du pays, les mutations sociales, le Sahel et Daesh ne seront que le carburant de ces calculs politiciens. Suivra ensuite une décantation qui va redistribuer les cartes politiques et certains avanceront sans masques. C'est le cas du MPS, un parti à surveiller de très près. Son président Abderezzak Makri, a peut-être raison de croire à son étoile en fixant le cap. Grisé par sa réélection à la tête du MSP, aguiché par la relative victoire d'Ennahda en Tunisie, Makri n'arrive pas à dissimuler ses prétentions à la magistrature suprême du pays. Avant même d'avoir l'aval de son majlis echoura, il enfile le costume de candidat et s'offre le rôle de porte-parole de la mouvance islamiste en Algérie. La direction du parti veut ratisser large pour son président. Aussi, affirme-t-elle entamer des contacts avec les partis et les personnalités de tous les horizons, de l'opposition et celles de la majorité comprise en vue de les faire adhérer à sa démarche de consensus national que le MSP prône comme solution à la crise multidimensionnelle que vit le pays. Pour Abderezzak Makri, sa démarche est indissociable de la prochaine élection présidentielle. Il met à cet effet, les instruments de sa politique en préconisant une feuille de route qui, à ses yeux, garantira une transition économique pour passer de la rente à une économie productive. Abderezzak Makri n'est pas dupe. Il a pris connaissance de la position du FFS, initiateur avant lui de la même démarche, qui n'a pas trouvé d'échos ni chez l'opposition ni du côté du pouvoir. Il connaît également d'avance la réponse du camp démocratique qui lui opposera une fin de non-recevoir. Sur quels soutiens compte-t-il alors? Ce n'est certainement pas le prétendu réservoir électoral islamiste qui lui donne des certitudes politiques. A moins qu'il mise encore une fois sur les évolutions qui interviendraient au plan régional et dont il pressent une douce brise islamiste... comme en Tunisie.