Les Algériens font-ils trop d'enfants?

«BMS». Les naissances dépassent le million chaque année. Un constat que les chiffres que vient de publier l'ONS (l'Office national des statistiques) confirment. Cela devrait inciter à plus de réflexions et de débats dans notre pays. Est-ce trop ou pas assez? Si l'on tient uniquement compte de la vaste superficie de notre territoire (plus de 2,3 millions de km2), ce n'est pas assez. Mais si l'on aligne toutes les conditions d'accompagnement d'un tel taux de natalité, la réponse est loin d'être aussi tranchée. Les chiffres de l'ONS révèlent que nous sommes passés de 25 millions d'habitants en 1990 (début de la décennie du terrorisme) à plus de 42 millions au 1er janvier 2018. A ce rythme, l'ONS prévoit que nous serons plus de 50 millions en 2030. C'est-à-dire dans une petite décennie. Ce qui veut dire que le nombre des Algériens de 1990 aura doublé. En retranchant la décennie des années 1990 où il y a plus de dégâts que de développement comme chacun le sait, le baby-boom a donc pour point de départ le début du 3ème millénaire (année 2000). Car il faut bien le rappeler, le taux de naissance est étroitement lié à la qualité de vie. Si l'on prend uniquement la politique du logement et la hausse significative des salaires depuis 2008 on comprend bien qu'avec 3 millions de logements décents et la hausse du pouvoir d'achat, la natalité ne pouvait qu'exploser. A cela s'ajoutent les subventions des produits de base, la gratuité des soins (baisse de la mortalité infantile et allongement de l'espérance de vie), l'eau et le gaz naturel jusqu'aux plus lointains recoins de nos montagnes, etc, on ne peut pas dire que la promesse d'une vie meilleure faite par le président Bouteflika dès 1999, n'a pas été tenue. Sauf que maintenant, il faudra prendre les devants et se préparer à accueillir près de 10 millions de nouvelles naissances à l'horizon 2030. Il faudra leur préparer de nouvelles écoles, des collèges, des lycées et même des universités. Comme il faudra augmenter le nombre des structures de santé. Et on en passe. Il serait encore plus profitable d'accompagner toutes ces réalisations à venir par une meilleure répartition spatiale de la population. Ce qui n'est pas le cas actuellement car 80% de la population se trouve au nord. Une réflexion autour de cette problématique devient plus qu'indispensable. A toutes ces dispositions s'ajoutent les besoins du marché national. En termes d'emplois comme en consommation. On comprend mieux la récente décision du président de la république d'ajouter 2 millions d'ha de terres cultivables. Mais si l'on n'augmente pas le rendement à l'ha ainsi que nos capacités de stockage de blé, 10 millions d'ha ne suffiront pas. Ceci étant dit, cette hausse persistante de notre démographie ne concerne pas uniquement les autorités. Il s'agit du futur immédiat de nos enfants et petits-enfants. Nous sommes tous interpellés. Les statistiques ne sont qu'une base de données qui permet d'aller vers de bonnes solutions. On peut retourner la question posée dans le titre par: faut-il agir sur la natalité ou sur le développement?