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Il était une fois au Sahel

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Comme dans une série noire, les attaques terroristes dans les pays du Sahel viennent régulièrement, pour ainsi dire, nous rappeler que le contexte régional n'a jamais cessé d'être une véritable poudrière. C'est ainsi que vendredi dernier, une énième et «lâche attaque terroriste», pour reprendre la terminologie du président du Niger et président en exercice de la force régionale antiterroriste G5-Sahel, Mahamadou Issoufou, a entraîné la mort de deux soldats et d'un civil, ainsi que des blessés légers, au Mali qui reste confronté à une sorte de menace pendante malgré d'innombrables efforts internationaux. «Conduite par des organisations criminelles», selon le communiqué des autorités maliennes, cette attaque contre le QG de la force régionale antiterroriste G5-Sahel, dont le bilan était alors provisoire, vient rappeler combien le défi est grand en même temps qu'elle situe à sa juste mesure la capacité réelle des mesures intervenues jusque-là pour y faire face. Certes, on peut comprendre le souci des dirigeants sahéliens qui voient dans «la réaction efficace des soldats» une démonstration suffisante grâce à laquelle il a été possible «de circonscrire rapidement cette tentative d'intrusion». Mais le fait est, comme l'a d'ailleurs souligné, à juste titre, le président Issoufou lui-même, que les objectifs des commanditaires de cette attaque vont au-delà de la simple intrusion dans le QG de la force régionale - ce qui est en soi un signe de mauvais augure - tant «le dessein est de déstabiliser l'un des instruments essentiels pour la stabilisation de la sous-région». L'enseignement immédiat qu'il convient de tirer de cette attaque concerne la permanence réelle et grave du danger terroriste, malgré les multiples efforts qui ont laissé croire un temps que le phénomène serait en voie d'éradication. L'autre enseignement est que, loin de se tarir comme on le dit volontiers, ici ou là, il se nourrit de ses tentacules qui puisent des ressources abondantes dans les nombreux trafics existants comme celui de la drogue, des armes et tout autant des migrants. Ajoutée à cela, l'incontestable interaction entre les différents groupes terroristes présents non seulement au Sahel, mais également dans les pays tels que la Libye ou même l'Egypte, groupes au sein desquels Daesh a retrouvé une fontaine de jouvence après avoir perdu coup sur coup les places fortes de Syrte puis de Benghazi. C'est dire si les pays membres du G5-Sahel ont de quoi entretenir leur «détermination à combattre les forces terroristes avec fermeté» et si cette attaque sans précédent contre le quartier général de la force conjointe du G5 Sahel (organisation régionale regroupant le Mali, le Burkina Faso, le Niger, la Mauritanie et le Tchad), lancée en 2017 pour anéantir la menace terroriste au niveau de cette zone, a de quoi inquiéter les états-majors. Comme elle représente, aussi, un signal d'alarme pour les pays voisins qui savent que les auteurs de ces attentats n'ont ni frontières ni entraves quelconques et qu'un jour ou l'autre, ils tentent l'intrusion brutale là où personne ne les attendait.

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