Mais si, mais si!

La fête n'est pas encore achevée mais, par-delà le goût amer de certaines défaites qui montrent combien le continent africain a encore des efforts à faire et de l'expérience à accumuler pour prétendre enfin à des quarts de finale toujours inaccessibles, on peut considérer que cette Coupe du monde de football aura été à nulle autre pareille. Et pour cause, elle aura, d'abord et surtout, entériné le «crépuscule des dieux» du sport-roi, un certain Lionel Messi, et son compère du quintuple «Ballon d'or», Cristiano Ronaldo. Sauf que, pour ce dernier, on a un pincement au coeur tandis que pour l'Argentin, son voyage «raté» en Israël où il devait «conforter» l'usurpation d'El Qods occupée, moyennant une sordide ardoise de 160 millions de dollars, ne sera pas oublié de sitôt. Face au Onze de France, la seule équipe africaine encore présente dans le tournoi, Messi aura sans doute fait la différence entre les vessies et les lanternes! L'un des moments riches en enseignements de cette Coupe du monde aura été, sans conteste, la rencontre qui a opposé le Japon aux Diables Rouges de la Belgique. Pour qui a suivi ce match, il est indéniable que cette formidable équipe du Japon n'a cédé que par manque d'expérience, après avoir dominé et pris le large avec deux buts à zéro, face à des adversaires estomaqués! Mais la rigueur, l'engagement, l'abnégation permanente et le jeu sans complexe portaient la signature éloquente de Vahid Halilhodzic, débarqué après trois années d'efforts et de travail, pour que les Moscovites et le monde entier invité dans la petite lucarne n'y voient que du feu, croyant que le coach bcbg dévoilé par les caméras a réussi le pari d'une métamorphose «sang pour sang» japonaise.
Peine perdue, tout le monde aura compris qu'entre 2014 et 2018, le réel et spectaculaire progrès de cette équipe du pays du Soleil levant doit un peu, beaucoup, énormément même à coach Wahid, sans cesse mal récompensé pour son labeur et ses exigences dans des pays où, bien souvent, l'ingratitude est de mise. Je ne parle pas que du Japon, dont la télévision russe a abondamment montré les vestiaires, après le dernier match, la FIFA saluant le geste auguste qui a consisté à laisser l'endroit aussi propre qu'on l'a trouvé, avec un «spassiba» retentissant. Une qualité tellement rare pour mériter d'être donnée en exemple et, s'il y avait une coupe du monde pour ce mérite-là, ce n'aurait pas été plus mal. Retenons la leçon qui veut que le travail paie, mal sans doute, mais, assorti à la satisfaction d'avoir donné le meilleur de soi-même, parfois riche en surprises inespérées. C'est ce que devraient entendre les Fennecs, hier encore proclamés «guerriers du désert» et aujourd'hui contraints de se cacher sous les sables. Preuve est redite que l'amour des couleurs nationales doit pouvoir se suffire à lui-même quand il s'agit de représenter dignement son pays et c'est, là aussi, un des enseignements de cette Coupe du monde slave au cours de laquelle nous aurons observé que les stars du ballon rond, gavées de millions de dollars, n'ont pas vraiment mis le coeur à l'ouvrage, saturées sur tous les plans et, notamment, celui de la réussite sonnante et...trébuchante!