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"Le temps ne fait rien à l'affaire..."

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Trump, Netanyahu, Kushner et consorts l'ont appelé l'accord du siècle (Deal of the Century). C'est le plan de paix que le président américain, nanti de solides soutiens sionistes durant la campagne électorale pour se débarrasser de la rivale démocrate, «Hillary la crapule» dixit Trump himself, avait promis de vendre aux Palestiniens et, s'ils n'en veulent pas, aux monarchies du Golfe consentantes et heureuses de l'être. Ce n'est un secret pour personne, ce plan vise à entériner l'annexion des territoires occupés depuis juin 1967, au mépris des innombrables résolutions et lettres mortes de l'ONU, dont la stratégie israélienne a consisté, depuis les soi-disant accords d'Oslo et les promesses fallacieuses de Camp David, à multiplier au pas de charge les colonies. Aujourd'hui, le fait accompli est tel qu'il semble impossible d'envisager la création d'un Etat palestinien selon la formule de «la paix contre les territoires». Impossible aux yeux de Netanyahu et de ses soutiens inconditionnels dont les Etats-Unis étaient, sont et seront toujours les plus farouches défenseurs. Fort de ses certitudes, Donald Trump a dépêché récemment son gendre Jared Kushner, grand bailleur de fonds devant l'Eternel pour la multiplication effrénée de ces colonies en terre palestinienne, afin de «préparer» les Arabes du Golfe à cette merveille des merveilles qu'il drape du manteau de la pax americana. Tant pis pour les Palestiniens s'ils ont refusé d'accueillir le juge et partie qu'est le missi dominici de Trump. Qu'ils soient opposés farouchement à l'accord version Netanyahu importe peu pour l'administration américaine actuelle. L'objectif est de parvenir à imposer un document paraphé par des pays membres du Conseil de coopération du Golfe et l'Egypte qui n'a plus la marge de manoeuvre d'antan et s'agrippe toute honte bue au char américano-saoudien, depuis la mort de Nasser.
Dans le sillage d'Ariel Sharon, Benjamin Netanyahu trace cette ligne avec opiniâtreté et entend profiter de l'aubaine inespérée que représente l'entrée de Donald Trump à la Maison-Blanche. Après quelques années de tiraillements, voire même de franches rebuffades, vécues avec Barack Obama, plus proche, il est vrai, des convictions de Jimmy Carter que de celles de Bill Clinton en matière de sionisme outrecuidant, voilà qu'il surfe avec extase sur un contexte régional et international dont tous les paramètres lui sont favorables. A tel point d'ailleurs que même ses déboires internes, où les casseroles de la corruption familiale font grand bruit, paraissent sans incidence sur son avenir politique, rendant plus sinistres ses appels aux soldats israéliens, tueurs froids d' enfants palestiniens avant de s'en retourner dans «leur» pays de naissance vivre en toute impunité!
Et pourtant! N'était-ce pas le même scénario vécu par son prédécesseur et mentor invétéré, Ariel Sharon? Sans doute y a-t-il beaucoup de Sharon chez Netanyahu, de sorte qu'il a pu s'octroyer l'audace de narguer Barack Obama sur son propre terrain, au Congrès et dans les arcanes de la finance. Il peut encore faire illusion quelques années, un siècle même pour faire du Trump, mais la terre est tributaire du droit imprescriptible de l'occupant légitime et cet occupant se nomme les Palestiniens. Peu importe, dès lors, tous les tours de passe-passe israélo-américains pour tenter de gommer cette réalité. Brassens chantait avec humour: «Le temps ne fait rien à l'affaire...»!

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