Damas appelle les réfugiés au retour

Par dizaines de milliers, les réfugiés syriens ont répondu favorablement à l'appel du gouvernement qui les invite à regagner leur pays, maintenant que la sécurité est rétablie sur plus des deux tiers du territoire et, surtout, là où la population était la plus dense. Le gouvernement du président Bachar al Assad avait appelé, le 3 juillet dernier, tous les Syriens vivant à l'étranger, notamment ceux qui se sont réfugiés dans les pays voisins, à rentrer chez eux, après qu'une grande partie du territoire national a été libérée du carcan et du chantage des groupes terroristes et entièrement sécurisée par les unités de l'armée. Ils sont ainsi plus de 5 millions qui ont pris le chemin de l'exil pour fuir les exactions des factions prétendument Jihadistes, instrumentalisées par les pays occidentaux avec le concours financier des monarchies du Golfe. Rien que dans la Turquie voisine, pourtant l'un des soutiens les plus en vue de la mouvance extrémiste rebelle incarnée par Jaïch al Islam, Ahrar al Cham et surtout Fateh al Cham, anciennement Al Nosra, branche syrienne d'Al Qaïda, ils sont plus de 3 millions à survivre avec l'aide des ONG et des organismes internationaux sous l'égide de l'ONU. 1 million d'entre eux s'est dispersé en Europe, principalement en Allemagne qui avait, on s'en souvient, ouvert grandes les portes pour résoudre l'équation d'une natalité préoccupante et le reste se trouve dans certains pays arabes, comme le Liban, la Jordanie et, à un degré moindre, l'Algérie.
La victoire sur les légions terroristes a culminé, ces dernières semaines, avec la reprise du contrôle total de la Ghouta orientale, de certains quartiers de la capitale et, maintenant, de la ville de Deraa et de sa province éponyme, dans la partie du Golan non occupée par Israël.
8 ans après la tentative de destruction totale de la Syrie, les coalisés conduits par les Etats-Unis constatent que le but recherché n'a pas été atteint, mais qu'il s'éloigne de plus en plus avec la résurgence d'un Etat syrien fidèle à lui-même. Les dizaines de milliards de dollars saoudiens, émiratis et qataris, engloutis dans cette croisade, seront donc partis en fumée pour presque rien. Presque, car la leçon est tirée du côté du gouvernement syrien et de ses alliés russe et iranien, notamment. Les 5èmes colonnes engagées afin de dynamiter le pouvoir en Syrie et, croyait-on, balayer la base navale de Tartous, fermant pour longtemps l'accès à la Méditerranée des sous-marins et des navires russes, ont eu beau bénéficier d'un appui logistique, puis carrément militaire, des puissances occidentales.
Non seulement, le président Bachar al Assad est toujours là, mais l'armée syrienne s'est considérablement étoffée, en matière d'expérience et de stratégie, au contact de son allié russe, notamment. L'affolement qu'une telle situation a généré explique en partie le round qui s'est joué autour du nucléaire iranien, le président américain Donal Trump en ayant fait son cheval de bataille en même temps qu'il a jeté aux orties les plans de paix de ses prédécesseurs pour ce qui est du conflit israélo-palestinien.