L'agriculture a "soif" de solutions

Grand chantier. «Il y a des efforts très importants à faire en matière d'économie de l'eau dans l'agriculture, un secteur gros consommateur d'eau en Algérie avec 70% de la consommation au niveau national...des économies de 20% permettraient de récupérer 1,4 milliard de m3, permettant d'alimenter la moitié de la population algérienne», c'est le directeur de l'alimentation en eau potable au ministère des Ressources en eau, Omar Bougueroua, qui a fait cette déclaration, hier, à l'APS. Il ne le dit pas explicitement, mais il ne s'agit ni plus ni moins que de gaspillage. Il évoque des «objectifs tracés qui devraient permettre de généraliser les systèmes d'économiseurs d'eau». Laissons aux experts de l'eau et de l'agriculture le soin de trouver la meilleure parade anti-gaspi dans leurs secteurs respectifs. Occupons-nous de ce fléau qui a transformé l'Algérien en véritable prédateur. Il gaspille tout ce qui tombe entre ses mains. L'eau, le pain, les carburants, l'électricité, les médicaments, etc. En remontant dans son histoire pas si lointaine, un demi-siècle, ce même Algérien était l'être le plus économe de la planète. En tout. Pour son pain pétri à la maison. Pour son eau chichement utilisée dans une bassine. Pour ses achats d'un oeuf ou deux alors qu'aujourd'hui c'est par plateaux entiers. Etc. Tous ces exemples et d'autres s'expliquaient par la dure condition de colonisé qu'il vivait alors. Faite de privations, de faim et de souffrances. Il était attendu qu'à la libération, ce même Algérien allait laisser ses envies exploser. Aucun accompagnement psychologique ne lui vint en aide pour trouver le juste milieu. Ce qui explique la persistance, un demi-siècle après, de cette fâcheuse tendance au gaspillage. Les moyens avec lesquels, les autorités tentent d'enrayer ce fléau, relèvent plus de techniques (goutte-à-goutte et stations d'épuration) que de sensibilisation. Même si le DG de l'Agence nationale de gestion intégrée des ressources en eau (Agire), Mohamed Deramchi, ne laisse pas passer l'occasion pour dire que «nous axons notre programme de communication à travers l'ensemble des catégories de la population, au niveau des écoles, des lycées, des universités, des colonies de vacances, des associations, des mosquées (à travers les imams) et aussi au niveau des industriels et des agriculteurs». Admettons qu'il réussisse contre le gaspillage de l'eau. Et contre celui du pain, ce sera pour quand? Contre les carburants, un autre programme de communication? Et on en passe! Comme nous l'avons vu, l'Algérien est passé du sevrage à l'excès multiforme. Il ne peut être question, pour lui, de «programme de communication» pour chaque type de gaspillage. Il faudra trouver un «programme» contre le gaspillage qu'il traîne comme mode de vie. Et pour peu que l'on reprenne les raisons qui le poussaient à l'économie, il y a un demi-siècle, on s'apercevra très vite de l'intérêt qu'il y a à accélérer le ciblage des subventions. 70% de la solution se trouvent là. Pour le reste, les écoles et les mosquées viennent juste après!