Prévisions pour le 14 Decembre 2018

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Quand Trump et Poutine auscultent la planète

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Le face-à-face a eu lieu dans une ville connue pour être un nid d'espions depuis les «beaux jours» de la Guerre froide. Brûlant d'impatience, le président américain s'est longuement entraîné, en prévision de ce qui était présenté par les médias occidentaux comme un combat en un seul round. «Serai-je prêt? Totalement prêt!», répond, depuis plusieurs semaines, Donald Trump. «Je me suis préparé toute ma vie pour ce genre de trucs», plaisantait-il, quelques jours auparavant, auprès de ses partisans, dans le Montana.
A la base de ces questionnements et de ces angoisses affichées, les nombreux contentieux entre les deux superpuissances ainsi que la personnalité des protagonistes qui les représentent, Vladimir Poutine, pour le Kremlin, et Donald Trump, pour la Maison-Blanche. Tout le monde avait ainsi à l'esprit le lancinant sujet du feeling ou de la répulsion qui marquera pour plusieurs années les relations internationales entre un tempétueux milliardaire américain, au pouvoir depuis 18 mois, et un ancien officier du KGB, en poste depuis presque vingt ans. Les bravades et les coups de poker intempestifs auxquels s'adonne fréquemment Trump, comme d'ailleurs son goût prononcé pour la provocation, n'avaient aucune chance de faire leur effet, comme ce fut le cas quelques jours auparavant, à Bruxelles, lors du sommet de l'Otan, puis à Londres, durant une visite officielle entre louanges et critiques acerbes autour du Brexit En témoigne le tweet, ô combien surprenant, du président Donald Trump, quelques heures à peine avant la poignée de main «historique» avec son homologue russe, un tweet dans lequel il écrivait que les mauvaises relations entre Washington et Moscou sont dues à... «des années de stupidité de la part des Etats-Unis et à la chasse aux sorcières» menée, d'après lui, par le FBI dans le cadre de l'enquête sur l'interférence russe présumée lors de la présidentielle de 2016.
Une chose est sûre, les résultats tangibles du sommet ne commenceront à apparaître clairement que dans quelques mois, voire un an ou plus. Les sujets de discorde sont en effet nombreux, et quels que soient les efforts consentis ou la bonne volonté mise en oeuvre, les deux hommes ont pleinement conscience qu'il va falloir «donner du temps au temps», pour reprendre la formule de François Mitterrand. La Syrie, la Crimée, les rapports tendus entre l'Union européenne et la Russie pour cause de bras de fer avec l'Ukraine, l'accord de désarmement et de limitation de l'arsenal nucléaire sont autant de sujets qui fâchent, quand ils ne suscitent pas de brusques montées de la tension internationale.
Contrairement à Trump, Poutine est resté, pour sa part, fortement concentré sur ses préoccupations, ses objectifs et ses attentes.
A cela, une bonne raison explicitée par son conseiller Yuri Ouchakov, qui estimait, juste avant la rencontre, que «l'état des relations bilatérales est (vraiment) très mauvais» et qu'il faut y remédier au plus vite...

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